Disque

La Féline, ECHO, cover

Echo

Réalisé sur le vif avec Domotic, cet EP au parti-pris minimaliste reprend les marottes fantasmatiques du trio : de la cavalcade sixties de Joe Meek à une sombre ballade populaire en passant par un morceau dream pop de Julee Cruise… Entre déclaration d’amour aux réverbes à ressort et jeu de résonances intimes, Echo sonne comme une étrange mélodie intérieure, pleine de revenants, de nuits hantées et d’amours perdus.

 

« La Lecture de Disque », par Flore Avet

« L’histoire des tigres rares, c’est celle qui décrit leurs déplacements, leurs bonds mats ; si vifs qu’ils semblent irréels. Des tigres de vapeur. Ils sont tapis dans la brume. Dans un pays dont on a la mémoire fragile.

Des pays  que l’on connaît à peine, que l’on traverse avec des fictions à l’arrière de la tête, des histoires du pays des tigres que l’on se raconte, qui encadrent les surprises.  Des pays qui ressemblent à des routes montagneuses qu’on a vu dans des films, dans des nuits, dans des histoires sombres.

Comme dans une sensation du rêve ou dans un coin de l’œil ; fugitifs, les tigres rares se cachent dans des forets impraticables et grouillantes. Des esprits, des mythologies, des animaux sauvages aux yeux dessinés, délicats et fermes.

Des tigres rares, blancs dans la lumière soudaine. Leur râle surpris.

De partout dans cette brume cafardeuse faite de flaques chaudes et saumâtres, branches vives qui zèbrent lune et terre, silhouettes de demeures irréelles des générations surgissent ces figures douces et farouches.

Comme des anges ou des montures sauvages lourdes, des tigres précieux sifflent sous le coude du vent. Leurs miaulements raides et longs enflent la courbe des courants d’air. Montent, un filet de son perçant et frêle, qui se suspend glacé dans le ciel obscure et dense, et retombe dans le cœur battant des forêts comme de légers restes de papiers brûlés.

Des tigres rares et des reines tigresses résonnent de sons métalliques.

Leur fourrure chaude et serrée collant aux moteurs épuisés de voitures poussées à bout. Entre les hululements félins se glissent des sons ronds de liquides qui gloussent et se perdent. Des rebonds de ferraille chaude qui se tord, de végétal moelleux et aigre.

Des tigres rares, donnent un écho à la peine. Saisissent l’étrangeté du malaise à la gorge.

Des tigres hallucinent la douleur familière, râlent pour raconter les contrées méconnues de la chair et de la nuit ; des griffures peut être. La tiédeur de la peau et de l’air autour, du passage des tigres qui disparaissent dans la nuit. »

La Féline

Johnny Remember Me