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Disque

luxe

Invention

Jouer fort et maquillés, faire danser, chanter en français, les musiciens de Luxe se l’étaient interdit depuis trop longtemps sous l’œil de la divine chapelle indé. Tout droit venus de groupes déjà reconnus aux tendances indies (Carp, Arch Woodmann, Jil is Lucky), ces quatre parisiens s’unissent dans le péché en 2010.

Le projet prend des allures adolescentes, adopte différents styles, contredit ses parents et claque enfin la porte pour tracer sa route, dans le sillon de LCD Soundsystem, Alan Vega, Phoenix et des Rita Mitsouko. Les enregistrements se succèdent et donnent naissance à une première vague de titres french pop et synthétiques que l’on retrouve sur l’EP Invention paru mi maiDans la foulée ils décident de travailler sur le clip d’Invention sous la direction des deux réalisatrices Celisaby

 

La lecture de disque de Flore Avet

« Je voulais m’étendre, avoir cette chose douce sous moi, toujours.
Car avant, petit, loin, il y avait une pièce isolée, dont l’usage était de stocker ce dont elles, les mamies, les sœurs, les bébés ne voulaient plus.
Des vestes sans âges, des robes importables, aux couleurs toujours vives mais qui juraient entre elles, comme les souvenirs d’une époque avec nos mots d’aujourd’hui. Les mères dans des coupes pas possibles, belles pourtant, mais extraterrestres. A l’aise dans des matières et des formes hors de tenue.
Et puis il y avait dans cette réserve l’odeur du temps, c’était improbable, de laver, sans fin les étoffes et qu’elles persistent à sentir cette odeur de peau, de savon fatigué ; enfin, de propre ancien.
Alors j’étais là. Je lisais, j’entendais la vie sous le plancher, ma mère qui gueulait sans trop y croire. Autour il y avait des chemises tombées, des ceintures,  de la résille, des trucs dont on se servirait un jour.
Du made in France, du synthétique, des motifs à fleur, des étiquettes à arabesques où étaient écrits les noms des magasins, souvent des prénoms.
Ce que je pensais à l’époque, c’est que les choses allaient rester comme ça. Que quelque part en haut, j’allais toujours trouver des gilets en crochet, des robes en nylon et des chapeaux cabossés. Que le temps n’allait pas changer, je pensais que jamais je n’aurais l’air d’être ailleurs. »