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ASOCIAL CLUB

C’est bien un colossal cerbère qui assure la sécurité de l’Asocial Club, quatre têtes pensées et armées pour envahir la scène à sa manière, une fine équipe qui se passe le micro comme on introduit un Glock à l’Aéroport Charles de Gaulle. Loin du paradoxe, se réunir pour des asociaux, c’est bel et bien assurer la survie de l’espèce pour en finir avec le rap en cotillons et bas (g)résilles.

A la croisée des chemins, toutes les départementales mènent au syndrome de Stockholm. Loin de se résumer à un bunker, le cadre où évolue Vîrus est sans limite. Un sociopathe sur la route, acteur d’un road-movie halluciné prenant le monde entier en otage avec la promesse de ne faire aucun survivant. En route vers l’aéroport pour fuir les Autres, vers un aller simple, seul, en route vers le Terminal.

Le Terminal, justement. Fourmilière servant de terrain d’observation parfait à AL. Discret, fondu dans la masse pour mieux faire passer en contrebande des Samsonites entières de textes insidieusement corrosifs et appuyer là où ça fait mal, le dijonnais sait éviter comme personne les portiques de sécurité pour mieux exporter sa matière première et fissile, entre brut et uranium, pur produit d’une France en pleine décomposition.

Têtes de mule bien décidées à perturber violemment les hôtesses de l’air du rap français, Casey et Prodige n’y vont jamais par quatre chemins. Une main de titane dans un gant de kevlar, les lames en carbone sont affutées pour jouer une partition idéale pour un snuff movie aérien parfumé de polonium. Bêtes libérées et libres qui sabrent non pas le champagne mais les intestins de tout opposant à leur marche en avant.

Le slogan ? Si je crève, tu crèveras avec moi et tu finiras par m’aimer. Toute l’hospitalité de l’Asocial Club en somme, avec DJ Kozi aux platines. Bienvenue.