Artiste

chiens de faience

Chiens de Faïence

“Les Chiens de Faïence habitent Paris mais n’en viennent pas. Une brève démarche à la préfecture de Police a permis d’en produire les preuves, mais une écoute attentive suffit à s’en convaincre : ces personnes sont Limousines. Rien à voir avec les accords si bien accordés de la région Ile-de-France. Observons ensemble — de préférence avec du matériel Dolby Digital — ces riffs assemblés à la sauvette, dans la pénombre d’un meublé. Les guitaristes sont à l’évidence sous-payés. On s’égare parfois à apprécier le balancement indolent, la simplicité émouvante de ces accords qui s’en vont et qui reviennent. La section rythmique se nourrit exclusivement de châtaignes, ce qui ne manque pas de s’entendre. La frappe est molle, on cherche en vain le solo de batterie qui aurait pu nous rassurer. La basse non plus n’a pas su (pas pu ?) dépasser le stade de la mélodie primaire. Les enthousiastes de ces rythmes rachitiques signent la mort de la percussion de pointe, déjà bien entamée par les récentes coupes budgétaires. De budget, ces jeunes gens n’en ont point. Ils ne possèdent à fond que le souci infantile d’écrire des « belles chansons ». On décèle d’ailleurs chez eux la célébration des pauvres idoles du label Slumberland ou encore de Beat Happening dont ils embrassent l’influence miteuse. Songez-y.” (Patricia Crasse)