Artiste

Frédéric D. Oberland © Nicolas Despis

Frédéric D. Oberland

Musicien multi-instrumentiste, photographe, co-fondateur des groupes Oiseaux-Tempête, Le Réveil des Tropiques, FOUDRE!, The Rustle Of The Stars ou FareWell Poetry, Frédéric D. Oberland imagine pour son second album solo une plongée vertigineuse dans ‘l’Expérience Intérieure‘ de Bataille et la grotte de ‘l’Enfer‘ de Dante.

Version condensée d’une installation sonore et visuelle réalisée dans les sous-sols de l’espace d’art contemporain de Labanque à Béthune, ‘Labyrinth‘ invite autant à la perte de repères qu’à la transe. La note de départ est un LA, la plus basse du piano, de laquelle on glisse lento, happé par un magma sonore grouillant, riche dans son instrumentarium tantôt rêche (larsens électriques de guitare ou de console, salves de batterie transformée, grincements de saxophone, crépitements et dissonances), tantôt délicat (accords de piano épars, mellotron et synthés dans l’éther, voix susurrée). Épaulé aux percussions et au mixage spatialisé par Jules Wysocki, les six étapes reliées de ce voyage immersif embrassent large. Dans un jeu continu d’allers-retours entre l’intime et les grands espaces, ‘Labyrinth‘ joue avec les dynamiques, le silence et les genres musicaux (ambient, free-jazz, électronique, acousmatique), malaxant ainsi les pistes pour mieux en transfigurer le chaos.

Continuité plus radicale, plus barrée, de son premier album ‘Peregrinus Ubique‘ – « étranger/voyageur partout » – (VoxxoV, 2015), le ‘Labyrinth‘ de Frédéric D. Oberland rappelle dans ses collages orgiaques le travail de « montage » fourni pour les albums nomades de Oiseaux-Tempête (Sub Rosa, 2012-2017). Ici en territoire plus intérieur, il tisse un cocon dont les pulsations ascendantes et cycliques nous enivrent, comme sous hypnose.