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James Chance

James Chance

James Chance est entré en jazz à l’école de musique  de Milwaukee, Wisconsin, la ville où il est né. Et c’est flanqué de saxo alto acheté par son père alors que James est encore adolescent que le futur chantre de la no wave monte à New-York au milieu des années 1970. Dans la Manhattan matricielle de la nouvelle musique électrifiée, il croise la route de Lydia Lunch, avec laquelle il s’associera le temps d’une saison dans Teenage Jesus and the Jerks. Quelques coups et cris échangés avec le public plus tard, James, ami de Basquiat, va élaborer son propre matériau musical. Que se soit avec les Contortions, ou sous le nom de James White, il invente alors ce jazz funk blanc écorché qui vrille rapidement l’oreille de Brian Eno, ce dernier devenant le mentor momentané du jeune James pour la compil’ No New York. C’est ensuite Ze Records qui veille à la destinée discographique de James White and The Blacks, avec la sortie, entre autres opus, de l’émouvant Live Aux Bains Douches. Les fêtes occidentales appartiennent alors aux Contortions et à d’autres gangs se montrant aussi à l’aise sur scène qu’en “providers” pour dance floors. Ce sera pour James une ère de nuits excessives et belles. 

Au milieu des années 1980, quelques sunlights s’éteignent et les productions discographiques se font plus confidentielles pour le jazzman de Milwaukee, ce qui n’empêche pas James et ses Contortions de sillonner l’Europe et le Japon, ranimant sans cesse la flamme de l’emblématique Contort Yourself. Cependant, alors que l’influence de la musique de James se voit revendiquée par des entités multiples, des Red Hot Chili Peppers à James Murphy de LCD Soundsystem, la route devient sinueuse pour le dandy no wave. Des compagnons disparaissent dans quelque Terminal City mais James ne peut s’arrêter de jouer. Inlassablement, ce Sisyphe énervé affine et aiguise son sax, travaille son piano, décape les mondes intérieurs avec des textes qui seront finalement gravés beaucoup plus tard. 

L’aventure prend en effet une nouvelle tournure lorsqu’en 2005, alors qu’il est tout prêt d’annuler une série de concerts en Europe pour cause d’abandon de poste de certains Contortions historiques, un groupe est proposé à James le pied levé par Jean-Louis Brossard, programmateur des Transmusicales de Rennes. Avec Pierre Fablet à la guitare, Jacques Auvergne à la basse et Alex Tual à la batterie (ces deux derniers étant également à la manoeuvre derrière Christophe Miossec pour sa tournée en 2012). James découvre un combo plein d’énergie qui va lui permettre de repartir à l’assaut des scènes du vieux continent jusqu’à aujourd’hui, avec un nouveau passage par le Japon en 2010. 

La même année, le succès des shows avec la nouvelle formule va amener le label Le Son du Maquis à sortir en Europe un inédit japonais de James, le très jazzy The Fix is In qui rend hommage aux nuances amères des films noirs. Enfin dans la foulée de concerts sur les scènes de Londres, Dublin, Rome ou encore Berlin, il est convenu, au sortir d’un set de James en soliste au Duc des Lombards, de se lancer dans la production d’un nouvel album de James and “Les” Contortions. 

C’est finalement un jeune label LADTK qui va prendre le projet en main, en collaboration avec un autre rennois, Frank Darcel, ex-guitariste de Marquis de Sade et co-instigateur de ce beau projet. Ce dernier assure la coproduction artistique de Incorrigible!, une oeuvre très attendue puisque les fans n’ont pas écouté de nouveaux titres de James et des Contortions depuis plus de deux décennies ! 

Les sessions ont lieu entre Rennes et New-York, à l’été et l’automne 2011. Outre les Contortions rennais, l’album s’enrichit des contributions aux saxs et à l’orgue de Robert Aaron (le jazzman, est un ami de longue date de James), des cuivres de Mac Gollehon (qui a oeuvré entres autres avec David Bowie ou Gil Scott-Heron dont Incorrigible! offre une touchante reprise de son Home Is Where the Hatred Is, des guitaristes d’Ivan Julian (ex-Richard Hell & the Voidoids) ou encore celles de Norman Westberg (The Swans). 

Incorrigible!, le nouvel album de James Chance _ dont le titre éponyme reprend de manière plus aboutie le morceau de son Ep de 2010, remixé notamment par Sal P DE Liquid Liquid _ ne renie rien des aventures passées, fiévreuses et électro choquées, reflets d’une époque où “tout devait disparaitre”. Mais c’est aussi un disque rédempteur et éminemment moderne dans lequel James atteint son meilleur niveau. Entre titres rageurs et précis et plages plus retenues en apparence, le boss d’Hell’s Kitchen se fait tour à tour crooner lascif ou chroniqueur acide, soutenu par ses cuivres, orgues, 4 et 6 cordes d’une saignante efficacité (notamment sur la triade superbement maitrisée Do The Splurge, It All Depends Of The Amount et le réjouissant Pull The Plug). De la Dislocation jusqu’à la Ville Terminale, en passant par l’hommage au célèbre pénitentiaire d’HBO, ce créateur visionnaire nous fait voir le monde d’aujourd’hui tel qu’il est : désespérément excitant! 

Ce que la presse en pense

« Le feu sacré n’aura donc jamais quitté ce petit bonhomme aux costumes carrés, (…) neuf nouveaux titres qui n’en finissent plus de faire fumer les semelles de tes Creepers à damiers » New Noise Magazine

« Solis de sax alto acide tout en dérapage contrôlés, giclées d’orgue malingres, chant groovy nerveux, guitares mordantes (…) Bienvenu Mister Chance, nous sommes contents de vous accueillir à nouveau parmi nous ! » Jazz Magazine

«Il y avait longtemps que l’on n’avait pas entendu quelque chose d’aussi authentiquement monstrueux que cette guitare wah-wah sur ce monument d’hystérie qu’est Pull the plug. (…) un jalon supplémentaire d’une œuvre monolithique, entièrement dévouée à la « fuck you attitude » d’un artiste solitaire, intransigeant, méritoire.» Obsküre Magazine

« Il souffle dans son sax comme un sorcier Voodoo, et sa voix crache des mots qui sentent le Baileys. » Foutraque.com

James Chance & The Contortions

I Can't Stand Myself