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Lanterns On The Lake

“Lanterns On The Lake décuple sa portée musicale avec « Until The Colours Run » (2014). Une violente mélancolie, entre fond et forme.

On doit forcément puiser au bon endroit. Si l’inspiration ne vient pas dans votre entourage, octroyez-vous une excursion dans les plus beaux paysages que l’Angleterre puisse offrir. À défaut de pouvoir traverser la Manche, Lanterns on the Lake sera votre congé poétique, votre échappée loin des phases terrestres et rationnelles.

Lanterns On The Lake décuple sa portée musicale avec « Until The Colours Run ». Une violente mélancolie, entre fond et forme.

On doit forcément puiser au bon endroit. Si l’inspiration ne vient pas dans votre entourage, octroyez-vous une excursion dans les plus beaux paysages que l’Angleterre puisse offrir. À défaut de pouvoir traverser la Manche, Lanterns on the Lake sera votre congé poétique, votre échappée loin des phases terrestres et rationnelles.

Leur premier album « Gracious Tide, Take Me Home » avait réveillé chez eux une grâce innée de la composition lyrique sous les paroles philosophiques de Hazel Wilde qui s’insurgeait, auprès de ses cinq autres compagnons, en déesse prolifique. Heureusement, ce second opus est le témoignage d’une grandeur d’âme que « Gracious Tide… » avait fermé à double tour. Le folk électro-acoustique de leur début, épuré et minimaliste, évolue maintenant vers des sonorités plus massives et dynamiques. Jouant sur la vague post-rock symphonique, LOTH préfère voler dans les cieux torturés d’Explosions In The Sky que de stagner dans l’électro tristement étriqué d’Azure Ray ou Cocorosie. Grand écart maîtrisé, cette évolution des genres confirme le talent quasi indéniable de ces dandys. Ce qu’on regrettera peut-être, c’est l’éclectisme instrumental et le mélange vocal féminin/masculin de « Gracious Tide… » ; bien que les cordes frottées de Sarah Kemp soient toujours là, en bonne piqure de rappel.

Dépouillé, mais organisé, « Until The Colours Run » se veut bipolaire dans sa construction. Il pourra délivrer par moments des états anxiogènes et introvertis, tout comme, d’une minute à l’autre, être débordant de vie, confiant et audacieux. Une ambivalence proche du contexte socio-économique de leur nord-est natal. Dans « Another Tale From Another English Town », Wilde chante “It’s getting hard to breathe ‘round here / to think ‘round here / and we’ve been sold a thousand lies this year / we just want the quiet life”.”

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