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Laura Marling - When-brave-bird-saved

Laura Marling

Elle n’a que 23 ans mais affiche déjà un solide parcours musical. Cette Anglaise est l’antithèse des bimbos préfabriquées du R & B: une jeune femme passionnée et authentique, confectionnant album après album ce qu’il est convenu d’appeler une œuvre. Son quatrième disque, Once I as An Eagle, est sorti ce mois ci. Le précédent, A Creature I Don’t Know, en 2011, lui avait permis d’accéder à une reconnaissance plus importante. Pas de quoi bouleverser fondamentalement la vie de cette jeune femme intranquille et sensible. «Les choses n’ont pas changé du jour au lendemain pour moi, vous savez», explique-t-elle de façon sibylline. Laura Marling n’est pas une grande bavarde. Elle l’explique par une extrême timidité qui l’empêchait de se mêler aux autres alors qu’elle était adolescente. Aujourd’hui, elle compose des chansons aux textes très personnels. Ceux de Once I Was an Eagle le sont peut-être encore plus qu’auparavant. «En commençant à écrire ces titres, je me suis dit que les structures seraient compliquées à retranscrire avec un groupe, alors j’ai commencé à travailler sans musicien additionnel, avec un ingénieur du son uniquement.» Ce disque est si introspectif que Laura Marling souhaitait le confectionner avec le moins de gens possible en studio. «Je ne voulais pas leur infliger mes petites expériences de vie et leur imposer ma vulnérabilité», affirme-t-elle. L’instrumentation minimaliste (guitare, voix, percussions) sert le propos de chansons directes et échevelées.

La chanteuse les a réalisées avec le concours de l’ingénieur du son Ethan ­Johns, descendant d’une lignée de producteurs mythiques du rock, suivant une méthode qui a fait ses preuves: sur bandes, en une unique séance d’enregistrement, sans renfort d’ordinateur ou de manipulation technologique. «Je suis en sécurité avec lui. Je connais Ethan tellement bien, après trois disques avec lui. J’ai jeté sur bandes toutes les chansons que j’avais écrites les dix-huit mois précédant l’enregistrement». Si elle joue de la guitare tous les jours, Laura Marling avoue ne pas être un auteur de chansons très prolifique. «Mais l’écriture est ce qui me guérit des difficultés de la vie», affirme-t-elle. Avec le travail en studio, elle constitue la partie la plus agréable de la vie de musicien, pense-t-elle.

Dernière fille d’un couple de «vieux hippies», comme elle décrit elle-même ses parents, Laura Marling a appris la guitare avec son père, qui tenait un studio d’enregistrement. Elle incarne, avec quelques autres, le renouveau de la musique acoustique britannique. Chefs de file de ce mouvement, les membres du groupe Mumford and Sons savourent actuellement un triomphe planétaire avec une formule intemporelle. «Depuis quelques années, le public recherche la simplicité en musique», analyse-t-elle. «Peut-être parce que le monde devient de plus en plus complexe. Je suis contente pour eux, ils ont travaillé dur pour en arriver là, et je suis fière de faire partie de cette scène

Des échos de Joni Mitchell

Malgré cela, la jeune femme continue de se sentir isolée dans son activité de musicienne. «Je me pose énormément de questions, en particulier autour de la distorsion entre le réel et ma vie nomade. Ce mode d’existence isole de la famille et des amis, et fait courir le risque de manquer d’empathie.» Son art exigeant montre qu’elle n’est pas près de succomber à la facilité. «Désormais, on ne peut plus compter sur les ventes de disques pour gagner sa vie. Le plus important est d’attirer du monde lors des concerts en se faisant une réputation.»

Nostalgique d’un monde qui n’existe plus, Laura Marling écoute presque exclusivement de la musique enregistrée entre 1969 et 1972, soit vingt ans avant sa naissance. On entend des échos de Joni Mitchell dans sa voix et certaines structures de chansons. «Elle est la première chanteuse dont j’ai écouté le travail attentivement, avec Patti Smith, à 15 ans. Deux femmes fortes.» Comme elle …

Source : Le Figaro

 

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