Artiste

L'Impératrice

C’est une seule couronne, mais mille visages. Pas de hasard alors si le premier album s’intitule «Matahari», personnage insaisissable par excellence. L’Impératrice, à la fois paravent et avatar mystérieux autorisant à susciter le fantasme, n’est que le nom matérialisé de ce que le groupe parisien à six têtes couronnées exprime musicalement : un certain mélange de sensibilité, de féminité et d’élégance. La Wonder Woman du sentiment voyage depuis 2012 d’une contrée spatiale à l’autre sans sembler saisir les frontières entre french touch des nineties, variété moderne ou disco galactique, jusqu’à devenir depuis l’un des piliers du renouveau pop à la française. L’infinité de facettes de la plus célèbre espionne porte en reflet la diversité de genres de ce premier album. Sous l’apparente candeur, c’est l’attraction du danger qui est dépeinte. Matahari est double, triple, mais sincère dans ce vice. L’Impératrice rejoint cette transgression pour son côté hors tendance, hors mouvement, à contre-courant des modes et sans ancrage. Ici se cache peut-être aussi la profondeur de l’album : la dangerosité sous l’apparente innocence, la complexité de la musique sous l’apparente évidence des ballades.