Artiste

Ricky Hollywood

Ricky vient au monde en novembre 1977, trois mois après la mort d’Elvis ; et si l’âme du King s’était avisée de venir chercher dans le petit corps de ce nouveau-né une enveloppe corporelle dans laquelle s’incarner à nouveau, elle en aurait vite été dissuadée par le bain sonore qui l’aurait accueilli dans cette époque : le nourrisson, a en effet été placé dès les premières secondes de son existence dans une piscine vibrant aux rythmes des nappes de synthétiseur de l’Oxygène de Jean-Michel Jarre. Ricky Hollywood, c’est la concrétisation d’une idée, celle d’une musique néo-sincère, qui dépasserait l’opposition entre délires avant-gardistes et lyrisme.

Le projet trouve sa pleine réalisation lorsque Stéphane aka R.H l’expérimente sur scène: le passé devient un territoire futuriste et le futur est transformé en lieu de nostalgie. Le monde des années 2010 convient à merveille au romantisme néo-sincère de Ricky, qui fait de Facebook une métaphore de la solitude, de la branlette virtuelle une image des aspirations contrariées de l’homme à l’amour, et de l’underground parisien nihiliste un théâtre où les émotions sont étouffées pour jouer la comédie de la distanciation post-humaine.

Il publie en 2015 « Ses meilleurs succès d’estime », une collection de ritournelles décalées composées entre 2002 et 2010 pour Gonzaï et Clapping Music. En 2016, il conduit une expérimentation sous la houlette du Confort Moderne. Enfermé pendant 5 jours et 5 nuits avec 10 musiciens amateurs, ils composent ensemble des balades sonores et expérimentales. Une sorte de loft story musicale lo-fi dont rendent compte le maxi “Ricky & les Dix-iples” (La Souterraine) ainsi qu’un documentaire.

Son premier LP « Le modeste album » sort en 2017 sur le label nantais Futur Record, suivi d ‘un EP un an plus tard « L’aventure intérieure ». En avril 2020, Ricky Hollywood présente son deuxième album “Le sens du sens”, dix titres pop-soul de poche faussement naïfs comme dix petits coups de canif avec des invité.e.s comme Juliette Armanet et Halo Maud qu’il a accompagnées sur disque ou sur scène en tant que batteur.

Crédit dessin : Frànçois Atlas