Artiste

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Rodrigo Amarante

Certains d’entre vous se souviennent de Rodrigo Amarante comme le troisième homme de Little Joy (aux côtés de Fabrizio Moretti et Binki Shapiro), d’autres ont pu repérer son nom au générique des trois derniers LP de Devendra Banhart. Mais personne ou presque ici ne sait qu’il fut, de 1997 à 2007 (avec quelques rechutes scéniques), un membre-clé du plus grand groupe de rock du Brésil, Los Hermanos, équivalent carioca des Strokes en termes de succès et de renouveau esthétique. Rodrigo Amarante est une star multiplatinée, mais il n’est pas utile de prendre cette donnée en considération pour s’immerger dans son excellent premier album solo. Enregistré avec un matériel rudimentaire dans un entrepôt de Los Angeles (ville où il réside depuis sept ans), Cavalo dresse le portrait fidèle autant qu’idéal de son auteur, songwriter de génie au charisme tranquille, poète espiègle des tourments intérieurs, musicien nomade en lutte contre l’intraduisible saudade. Si bien qu’on ne sait quoi mettre en avant, entre ces mélodies d’une rayonnante simplicité (réconciliant folk et pop, traditions brésiliennes et états-uniennes), ces arrangements méticuleux ouverts au vent et au rêve, ces textes amoureusement ciselés en trois langues (portugais, anglais et même français sur le bouleversant Mon Nom) et cette voix chaleureuse qui nous soutient dans les pentes de l’âme. Malgré leur dénuement et leur lenteur (peu de rythmes à l’exception de Maná et Sablier), les onze titres de Cavalo rivalisent de subtilités chromatiques pour conquérir notre intimité. Un aboutissement pour cet artiste dont la stature internationale ne peut plus être discutée. 

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