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Soltero

Soltero

Ceux qui connaissent la musique de Soltero savent à quel point elle est précieuse et rare. Objets d’un culte païen à la limite de la clandestinité, ses cinq précédents albums ont laissé dans leur sillage une traîne de fidèles, épars sur les vieux et nouveau continents, qui se distinguent par leur indéfectible ferveur. Un nouvel album du charismatique songwriter, c’est un événement dont les ondes de choc discrètes s’immiscent en une lente mais sûre progression dans l’esprit de toute personne décemment pourvue de sensibilité.

Soltero déroule avec une sobre majesté des merveilles de compositions solitaires à l’efficacité immédiate dont la simplicité et l’épure apparentes se prêtent aux jeux d’infinies réécoutes. Comme autant de “cathédrales de luxuriance mélodique [construites] avec un cure-dent, un bout de fil de laine et une plume de paon”, des petits chef d’œuvres cachés derrière une façade de désinvolture qui construisent “l’air de rien, mieux qu’un rêve, un miracle”, disent nos amis journalistes…

Derrière Soltero, il y a Tim Howard. Après des années de nomadisme balbutiant, de Boston à Philadelphie, en passant par Paris et l’Amérique centrale, où 1943 a été majoritairement composé, cet ancien vagabond de luxe s’est tranquillement échoué à Brooklyn, où il met désormais ses talents de conteur au service de la mythique émission Radiolab.