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still charon

STILL CHARON

Les space operas sont boursouflés. Sept guerres des étoiles plus tard, c’est le peu de poésie et de naïveté de nos premiers émois galactiques qui ont été annihilés. Ce n’est pas dans une galaxie lointaine qu’il faut aller chercher un peu de pureté et d’émotion, mais du côté de Limoges où un trio qui ne demandait rien à personne a créé une épopée extra-terrestre depuis chez eux, avec un multi pistes sur lequel ils ont couché leurs chansons, leurs voix, leurs instruments. “Time Traveller”, premier LP du groupe, est bien ce que l’on appelle un concept album : il raconte l’histoire de Ssue, cette jeune femme qui s’ennuie ferme devant sa télévision, jusqu’à ce que sur l’écran apparaisse Abigail, une alienne mystérieuse, qui a foi « dans l’espace et les femmes ». Histoire métaphorique proche de celles de Jodorowsky, les aspects féministes et humanistes du scénario ont pour annonciateur des rythmiques lourdes, le grain des guitares, la prise de pouvoir des fuzz, les cœurs avec ce qu’il faut de dissonance… Soit la hargne des petites villes. Toutes ces choses font de “Time Traveller” un grand album de Rock & Roll, une réécriture twistée d’un Space Oddity. Les chansons y sont solides, belles, de celles que l’on peut chanter, dont on attend le refrain, dont les introductions provoquent le frisson. Elles invitent au voyage.