Artiste

Vladimir Besson – Portrait Sydney Valette 01_lodef

Sydney Valette

Abysse pop aux influences multiples, Sydney Valette vogue entre chanson française, electro punk survoltée, et minimal wave délavée. Après un 1er album surprise qui eut son petit moment de gloire en 2011, Valette nous revient en 2014 plus sombre et violent, avec un deuxième album au doux nom de Paris.

Paris commence par un vol easyjet Florence-Paris d’un groupe de personnes agées américaines: Patrick, originaire du Wisconsin, saisit sans crier gare une brochure de la compagnie, ventant les charmes de la ville lumière. L’adrénaline aidant, Pat se voit déjà profiter allègrement du champagne en bord de Seine, au gré d’un accordéon contant fleurette…. Et pourtant…

Perpétré en exil à Montréal, dans le doute anarchique d’un cyber espace dévorant, Paris est entièrement en français. Marqué par des sonorités plus noires et violentes : la mignonnerie enfantine de « Plutôt Mourir que Crever » s’en est allée, laissant place à la tristesse d’une vie solitaire et erratique.
Paris, si belle pute, cachant un mystère sans fond. Paris, conte de noël rigolo ayant mal tourné.

 

 

“Si Michel Houellebecq et Daniel Darc avaient eu un fils, il ­s’appellerait Sydney Valette. À 25 ans, ce Parisien d’origine bordelaise, auteur-compositeur-interprète, partage avec le premier le goût de la provocation littéraire, en parfait scribe de la “désabusion” du quotidien, et communie avec le second dans le culte d’un punk synthétique grave et passionné. Comme si sa vie en dépendait. Ce premier album, sans doute trop buzzé avant qu’il ne sorte, en énervera beaucoup par sa roublardise branchée, mais en séduira d’autres, dont nous faisons partie, par son énergie débridée et sa morgue, certes surjouée. Entre le réalisme de la descente dominicale (“Dimanche”) et les tentations plus Site surréalistes (“Paradise”, “Variation alchimique”), Sydney Valette réalise des débuts fracassants mais fracassés. Plus générateur de mal-être que de bien-être, Plutôt mourir que crever reflète à sa manière le trouble provoqué par une époque incertaine. Vivement 2012 ! Quoi que…”

Patrice Bardot
Tsugi , 2011

Photo © Vladimir Besson