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The Liminanas

« La première chanson du troisième album des Liminanas s’intitule « Je me souviens comme si j’y étais » et, effectivement, Marie et Lionel se souviennent de tout. Des années 60/70 où corps et esprits se libéraient, où les BO des films osaient, chez Morricone entre autres, organiser des combats de catch entre orchestres symphoniques et gandins pop, où le rock partait en vacances en Inde ou dans le cosmos, où les yé-yé n’avaient pas encore ruiné la France avec leur soumission, leur démission. Mais aussi d’une époque glorieuse qui n’existe que dans les fantasmes de ces esthètes, où le Velvet Underground signerait des musiques pour Truffaut, où Gainsbourg aurait enregistré un album avec un représentant de la très agitée Onda Chicana, où Nancy Sinatra et Lee Hazlewood se seraient fait une spécialité du slow érotique, où le coffret Nuggets serait remixé par Kim Fowley…

Adulés aux Etats-Unis, il ne leur manque là-bas qu’un album chez Jack White (comment peut-il les ignorer ?) pour aller y tourner en masse au volant de La Mercedes de couleur gris métallisé… Comme La Femme, autre groupe du Sud qui a perdu le Nord et qui est daltonien, incapable de distinguer le noir d’encre du rose bonbon, The Limiñanas jouent ce psychédélisme qui fait danser les minijupes, mais avec plus de nonchalance – le privilège de l’âge et des hormones apprivoisées. Ce qui n’empêche des fulgurances soniques et lyriques au niveau du génial Votre côté yéyé m’emmerde,un trésor de la Sierra Limiñanas en digne suite à leur Je ne suis pas très drogue. Mais très drôle, et très rock’n’roll, si. »

Les Inrockuptibles