Artiste

Velvet-Condon-by-Joa-Zimmermann1

Velvet Condom

Jeunes gens modernes, figures figées sur magazines de 1981, cherchent deuxième jeunesse. RFA ? Connais que ça, le mur du son n’est pas tombé. Appuyer sur “play”, laisser Ranxerox remplir les pointillés, cyborg muzik pour métaux urbains? L’opération Stadtgeil sera un succès, mein herr !

Le son de Velvet condom est aussi rêche que le papier d’un vieux journal. Son style aussi sec qu’une petite annonce. Drôle d’idée, s’installer à Berlin, l’un des foyers mondiaux de modernité et d’avant-garde, pour donner leur version de l’histoire.

La new wave est un roman photo, chantait Ruth il y a 30 ans. Les französisch ont passé la gomme (côté bleu, celui qui arrache) dans les bulles et réécrivent le dialogue. Honecker goes tanz muzik ? Velvet condom vit dans une maison de papier, un vieux numéro d’Actuel leur sert de toit, les pochettes de Nitzer ebb, Cure et Marquis de Sade couvrent les murs. Rien de 2011 ne filtre à travers les carreaux occultés.

On aura beau pester contre cette obsession du passé, cette manière de composer qui consiste à réinventer au lieu d’inventer. On aura beau… N’empêche.

N’empêche que Velvet condom va vous la mettre profond dans les oreilles, comme ils l’avaient fait depuis 2005 et avec le salement bon Safe and elegant. Ceux qui ont un jour écouté Silky lolita et Ice disco en sont déjà à leur 592e et 1000e écoute (minimum). N’empêche qu’on croyait que Born bad records avait le monopole national des compos sales et méchantes. Démenti en deux baffes dans ta face et un roulage de pelle en règle avec le sang qui dégouline sur le sol. Vache, l’amour. Pas du genre à engager comme baby-sitter. EBM s’écrit électro-Berlin-muzik, avec un V et un C comme dans Velvet condom. Nom de pervers prudent, musique d’avant le SIDA, réflexes d’après sa découverte.

Jeunes gens modernes cherchent musique à écouter tard le soir en tout lieu interlope. En cas d’urgence séquestrer le DJ et lui hurler : Velvet condom maintenant ou je te bute !