Artiste

Washed Out 5 (2011)

Washed Out

L’ennui. La paresse. L’apathie totale. La crise du quart de vie ou une excuse pour ne pas grandir? C’est le monde que Washed Out, aka Ernest Greene, évoque dans son album visuel Mister Mellow. Pour beaucoup de millennials, la vie peut être dramatisée jusqu’à l’absurde.

Leur façon de se distraire, de se défaire de leurs insécurités via un recours extrême aux réseaux sociaux, à la musique, aux drogues. Avec Mister Mellow, Washed Out joue avec ces comportements frôlant le vide existentiel, comme un moyen de montrer que l’ennui et l’incapacité au bonheur qui caractérisent cette jeunesse sont aussi un paradoxe – comment peut on s’ennuyer quand on est dans une situation de privilégié? On retrouvait déjà ce thème dans son EP “Life of Leisure” paru en 2009. Greene et son collaborateur – Cole MGN (récompensé aux Grammys) – ont de manière délibérée évité de polisser les chansons : “Mes albums précédents étaient très clean”, dit Greene, “dans le sens que la plupart de la musique provenait d’enregistrements live d’instruments. [Pour ce disque] l’idée était d’amener un peu de chaos au mix, et d’essayer de créer des textures et des sons les plus étranges que je pouvais trouver”.

Greene a de même fait appel à onze artistes différents pour rendre le projet imagé dans son intégralité.

Cette partie visuelle utilise toutes les formes de l’animation (collage, stop-motion, claymation, dessin à la main). Inspiré du travail artisanal, ces patchworks confère à Washed Out son projet visuel le plus abouti. Comme il le rappelle, “Le fait [que ces images] soient imparfaites permet de créer une vue impressionniste du monde”. Bien que Mister Mellow soit un album très personnel, les idées et observations que l’on y trouve sont un écho à ce que bon nombre de jeunes adultes vivent, une expérience que l’on perçoit comme à la fois drôle et triste.