Artiste

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Zero

Paru en 2007, le premier album, “Joke box” est né des cendres de Bästard et Narcophony.
Le récent EP vinyle “Bobby Fischer” l’annonçait, “Diesel dead machine”, second album du groupe le confirme : Zëro accélère le rythme sans rien perdre de ses capacités à le perturber et à développer des arrangements d’une richesse rare. On sent que le groupe a tourné, l’énergie brute des concerts est ici restituée avec ferveur, le son Zëro s’affirme.
Ici, tout est fait live et en groupe, entre rigueur et totale décontraction, le son étant leur seul motif de perfectionnisme et d’obstination. Il suffit de les voir en concert pour le comprendre.

C’est sans doute là que le message de Zëro se révèle, approchant avec une totale liberté d’expression ce que le rock représente à leurs yeux: un métissage de cultures et d’influences où le punk des premiers Devo, le jazz d’un Sun Ra et le blues d’un Captain Beefheart ne sont pas étrangers mais complètement assimilés.

Il est clair que la musique de Zëro s’aventure plus dans des contrées inventives que dans les sentiers battus du rock à identité fixe. On y croise autant Jack Berrocal et Gene Vincent en “Drag Queen blues” sous extasy, que le krautrock de Can et Kraftwerk dans un “Luna Park ludique” où psychédelisme et harmoniques offrent un roller coaster cérébral et addictif. On y croisera également des Cramps ressuscités le temps d’un “Sick to the bones” écorché, des Battles en pleine poussée pour un “Viandox” improbable, tout comme un paquet d’autres freaks qui en marge de tout courant auront constamment réécrit avec singularité et intelligence le langage du rock.