Black Marble - FAST IDOL


22 OCTOBRE 2021


Sur Fast Idol, Black Marble, basé à Los Angeles, remonte le temps pour se connecter avec les enfants oubliés de l'ère analogique, les beaux jours des mélodies glacées et des synthés vociférants. Des harmonies se diffusent à travers l'étendue de l'espace, et les paroles capturent des conversations qui semblent provenir d'une autre pièce, répétant une accusation entendue ou parlant comme dans un sommeil troublé par des luttes interpersonnelles. Dans le même temps, les éléments percussifs semblent mis en avant et traversent le mix, avec des toms donnant la mesure comme une tribu perdue, avant de sortir d’un soundsystem d’un club souterrain. Les mélodies déambulent avec le pétillant et le charme de Jacno et les phrases répétées sont des ballades électriques chantées après le boulot dans le San Francisco de William Gibson. "Somewhere" ouvre en sombre messager avant de partir en trombe, les synthés vitreux et les rythmes nets traversent les humeurs anxieuses de "Bodies", alors que "Try" se situe dans une lignée de groupes cultes comme Asylum Party. "The Garden" est un voyage à travers un paysage urbain postapocalyptique alimenté par le pouls d'une boîte à rythmes tandis que "Ship To Shore" pourrait être une face B perdue d'Oppenheimer Analysis. En clôture, "Brighter and Bigger" capte un sentiment comme si The Dadacomputer avait appris à ressentir des émotions. Il capture la solitude de la science-fiction de l'ère atomique de Ray Bradbury et l'esprit apocalyptique mais révolutionnaire du Sympathy For The Devil de Godard. Issu de la scène synth new-yorkaise du début des années 2000, Black Marble a perpétué la tradition des premiers pionniers de la synthwave comme Martin Dupont et Modern Art, qui ont réutilisé des synthés autrefois réservés aux studios coûteux et aux superstars du rock jouant dans les stades. Cherchant à canaliser cet esprit, Black Marble rappelle l’étonnement et l’émoi suscités par les bandes vaporeuses de The Membranes et le gazouillis des oscillateurs de Futurisk, perpétuant un son qui cherche à canaliser le futur tout en y implantant les résidus du passé.

LP pepite d'or 23,00