HANA VU - PUBLIC STORAGE


5/11/2021


Les garde-meubles conOennent des biens figés par rapport au monde extérieur, des objets capables de nous reconnecter avec un autre temps ou un autre lieu. Hana Vu, née dans les années 2000 en Californie, a grandi en uOlisant régulièrement ces espaces de stockage public avec sa famille à Los Angeles, déménageant très souvent au fil des années. Elle a laissé un mélange de sacré et de banal à l’intérieur de ces endroits de béton et d’acier. La musicienne de 20 ans voit l’art de créer des chansons d’une façon un peu similaire : ces pensées exprimées publiquement, ces senOments, ces bagages et ces expériences qui s’accumulent chaque année viennent remplir des unités de stockage, tels des albums. Elle vivait à côté d’un bâOment de stockage lorsqu’elle a commencé à écrire Public Storage, son premier album pour Ghostly InternaNonal. Après diverses sorOes sur Bandcamp dont une collaboraOon avec Willow Smith et des reprises de The Cure et Phil Collins, elle a sorO son premier EP autoproduit sur le label Luminelle Recordings du site musical Gorilla vs. Bear. Avec son premier album, c’est la première fois qu’elle accueille un coproducteur, Jackson Phillips (Day Wave), qui l’a aidé à créer un monde vaste, aux mulOples faceges, dans lequel elle peut déployer sa voix. Son contralto disOnct y dérive librement entre des réflexions évocatrices et des éclats touchants. Les premiers sons y sont charmants : des touches de piano isolées se transforment en accords chaleureux et harmonies sur "April Fool", alors que la protagoniste imaginée par Hana Vu rejege son environnement et sa capacité à communiquer. La douce lueur ambrée se diffuse dans la chanson éponyme de l'album, un endroit plus sombre, plus trouble et plus bruyant. Avec sa série de rejets provocants (échec, famille, magie) et de demandes catharOques, "Public Storage" est une démonstraOon rare et puissante de vulnérabilité de la part d'une parolière qui privilégie l'abstrait à l'autobiographique. Construit sur un moOf de synthé disco et un basse groovy, "Aubade" bondi allègrement en habile contradicOon avec son sujet pessimiste. Le contraste se poursuit sur "Keeper", un morceau new wave palpitant empli de synthés rêveurs avec une narratrice genOment hargneuse. Rythmé et mélodique, "Everybody’s Birthday" parle de l'absurdité maléfique du présent et de la fin des temps. Enfin avec sa base banjo/piano, "Maker" est ce bibelot, extrêmement significaOf, perdu depuis longtemps qui était terré dans une boîte au fond du box de stockage. Il conclut en toute logique que nous sommes tous fichus, éparpillés, enclins à nous perdre, et que quiconque nous a créés l’est aussi.

LP Clear 25,50