HOORSEES - HOORSEES


19/02/2021


Les Spacemen 3 avaient leur Taking Drugs to Make Music to Take Drugs to. Le premier album à paraître d’Hoorsees aurait lui très bien pu s'intituler Being Sad to Make Music to be Sad to. Pendant ces temps plus qu’incertains durant lesquels on passe plus de temps à se morfondre chez soi qu’à faire quoi que ce soit d’un tant soit peu productif, le quartet parisien apparaît comme le bon cheval sur lequel miser. Surtout si ce qui fait frétiller vos oreilles de bonheur, c’est le rock un peu indé, un peu emo, qui fleure bon la fin des années 90. Enregistré en mid-fi, ce premier album intitulé Hoorsees confirme toutes les promesses que laissait entrevoir Major League of Pain, leur précédent EP. Fusionnant parfaitement le côté brinquebalant d’un bon disque de Pavement et la sensibilité post-adolescente de (Sandy) Alex G, avec des guitares trempées de pluie et de larmes qui façonnent des mélodies plus efficaces qu’un Konami Code, ces neufs titres encapsulent toutes les galères qui finiront par nous manquer une fois franchie la porte du monde des adultes. Avec sa voix retentissante et pénétrante, Alexin nous chante avec sincérité ses façons d’échapper aux crises de nerfs ("Videogames", "Overdry"), nous expose son leitmotiv ("Get Tired"), et nous plonge dans un quotidien doux-amer façonné par l’amour, l’ennui et la morosité ("Instant Tea", "Major League"). Bref, avec vingt ans de retard, Hoorsees a peut-être créé la meilleure bande-originale pour Tony Hawk’s Pro Skater 2.

lp 14,00