KATY KIRBY - COOL DRY PLACE


19/02/2021 // - VINYLE VERT TRANSLUCIDE


Attendu depuis un moment, Cool Dry Place est le tout premier album de Katy Kirby. Il nous offre neuf chansons qui voguent entre indie pop et songwriting folk ingénieux, dans la veine de Waxahatchee, Lucy Dacus ou encore Frankie Cosmos. Des paroles intimes et vulnérables y font place à des refrains entêtants et à des mélodies vocales marquantes. Auteure, compositrice et interprète, Katy Kirby pratique l’indie rock avec une affinité pour les règles tacites, les malentendus et l’ennui. Elle est née et a grandi dans une petite ville du Texas. Son éducation scolaire lui a été inculquée à la maison par deux ex-pompom girls et elle a commencé à chanter à l’église, au sein des chœurs pop-pasteurisés des services évangéliques. Comme beaucoup de jeunes issus de la Bible Belt pratiquant un protestantisme rigoriste, Katy a grandi en se nourrissant des codes musicaux associée à la musique religieuse. Au milieu des années 90, l’église évangélique américaine faisait de la musique extraordinairement digeste, une sortie d’easy-listening, stylistiquement vide et vaguement nommée Christian Comtemporary Music. C’était de la pop qui n’en était pas tout à fait une, s’accrochant aux mélodies de la précédente décennie, assez directe pour être facilement mémorisable, et dans une tonalité qui permettait d’être chantée par n’importe quel pratiquant. Cool Dry Place est une manière de démanteler tout ça. Il y a une sorte de négociation interne, de combat contre une impulsion profondément internalisée de vouloir rendre les choses agréables et accessibles. Si Katy n’a pas complètement surmonté l’envie de plaire, c’est tout au profit de l’auditeur. Au lieu d’éradiquer les sensibilités pop de son passé, elle les déforme, enserrant les mélodies sucrées d’une rage sournoise et virulente, et tordant des tonalités affectueuses en des reproches prosaïques. Les neuf titres qui composent Cool Dry Place traitent de divers sujets (la maternité, le capitalisme tardif, les relations qui se terminent) mais sont unifiés par l’angle sous lesquels ils sont racontés, celui d’une personne réapprenant à vivre avec une attention intense.

lp 25,00

k7 10,00