Para One - SPECTRE : MACHINES OF LOVING GRACE


11 JUIN 2021


Un objet libéré des contraintes, des formats, des genres, des territoires. Le gospel d'un nouveau monde. Telle pourrait être la définition de Machines of Loving Grace, le nouvel album de Para One, de son vrai nom Jean Baptiste de Laubier. Six ans après Club, huit ans après Passion, cet amoureux des musiques électroniques qui met également depuis des années sa sensibilité au service du cinéma (les bandes sons de Céline Sciamma notamment) ouvre avec ce disque une nouvelle dimension dans son parcours artistique, le tout sur le label Genevois WRWTFWW Records (We Release What The Fuck We Want). Après avoir défini la structure de l'album, Para One est parti sur les traces de ces sons, de ces figures tutélaires qui ont façonné sa sensibilité de musicien. Plusieurs voyages, à Bali, au Japon ou encore en Bulgarie sont ainsi venus nourrir l'album et modeler les architectures électroniques de Para One. En onze titres, le disque qui s'ouvre comme un thriller avec Vertigo, un thème plein de danger, d'angoisse tapie dans les virages sinueux des routes des Alpes, entraîne l'auditeur dans un voyage haletant, une odyssée mystique, sans cesse surprenante. On traverse les continents, plonge plusieurs minutes en apnée dans les fonds marins (Atlantique qui donne la sensation de réunir dans une même pièce Steve Reich, Rolando et Drexciya), reprend son souffle en écoutant de mystérieuses voix d'enfants égrener leurs souvenirs sur le plus atmosphérique Fauna ; repense un instant à The Orb ou Massive Attack Alpes). Après une nuit noire en pleine Jungle (Silicon Jungle), vient le temps de la lumière, du nouveau. C'est Futatsu No Taiyo, ultime morceau de bravoure du disque, qui signifie « deux soleils » en japonais. Deux feux qui entrecroisent leurs forces, leurs énergies et donnent naissance à une musique nouvelle, réellement transcendante. Celle qui permet l'accès non pas à un divin, mais à un moi libéré du poids du passé. Une véritable renaissance.

lp 33,00