PHOTAY - WAKING HOURS


31/07/2020


Nous sommes en 2020, et tout le monde est épuisé. Tout s'écroule, et il y a en plus le stress quotidien de simplement vivre dans ce monde moderne. Les écrans sont partout, nous sommes tous abachés à nos téléphones et aux médias sociaux; essayer de suivre le rythme apparaît simplement impossible. Comme chacun de nous, Evan Shornstein alias Photay est en prise avec ces problèmes. Originaire de Woodstock, Photay a grandi entouré par la nature et une paix relative, alors aujourd'hui sa vie à à New York peut lui sembler étouffante. Avec son nouvel album, il confronte ce problème de plein fouet. Intitulé Waking Hours, ce deuxième album n’offre pas une solution clé en main mais il invite à regarder autour de soi et à se poser quelques questions. Plus précisément, Waking Hours est une méditaDon sur le temps et notre besoin obsessionnel de remplir chaque instant par une activité. L’album nous invite à trouver du réconfort en étant juste soi-même. La recherche du calme est au coeur de Waking Hours. Là où son prédécesseur, Onism, était un disque rêveur et empli de merveilles, le nouveau LP de Photay flirte souvent avec la pop et met fréquemment en avant sa propre voix. La musique est encore largement électronique mais s’engouffre dans des chemins que même Photay ne pensait pas emprunter. Ainsi sur "Warmth in the Coldest Acre", il utilise pour la première fois de l’auto-tune et cela donne à sa voix une qualité éthérée qui se marie parfaitement avec les synthés et les percussions d'inspiraDon balkanique de la chanson. Encore plus osé, avec "The People", le rythme grinçant se trouve enrubanné de fioritures electro-funk et de saxophone. On y trouve également l’utilisaDon d’un Buchla Music Easel, un synthé semi-modulaire en circulaDon depuis 1970 auquel Photay a grandement recours sur le reste de l’album. "Is It Right?" met en valeur son songwriting avec une chaude suite de cordes pincées, des mélodies planantes, des gouttelettes de Buchla et une voix surprenamment douce. Photay donne le meilleur de lui quand il brouille les frontières entre les genres. Il a souhaité inviter d'autres collaborateurs dans son monde, puisque Waking Hours comprend des apparitions de Carlos Niño, Michael LoveM (Metronomy), du joueur gambien de kora Salieu Suso, ainsi que les chœurs de Felicia Douglass et KrisQn Slipp. L’instrumentaDon est y riche, en plus du synthé Buchla, on y trouve des guitares, du piano acoustique, et de la batterie live, Evan étant batteur depuis l’école primaire. Si Photay considère Waking Hours comme son effort le plus personnel à ce jour, ce n'est en aucun cas un album insulaire. L'élargissement de sa palette et l’apport de contributions n’ont fait que renforcer sa vision. C’est un petit espace personnel où chacun peut venir souffler.

lp 22,00