Pond - 9


1er OCTOBRE 2021


Dans l'univers de Pond, rien ne reste immobile longtemps. Après l’album de pop psyché palpitante Tasmania en 2019, le groupe australien voulait essayer une façon plus spontanée de travailler pour son prochain album. S’inspirant du livre de Can sur les valeurs aberrantes du krautrock, Pond s’est lancé dans une série de jam totalement improvisés dont des chansons et des idées pouvaient être extraites. Compte tenu du rythme auquel les idées défilent dans votre tête, l'écoute s’annonce vertigineuse. En ouverture "Song For Agnes" s’échappe des haut-parleurs en les faisant exploser tel un opéra rock intergalactique sous la forme d’un poing virtuel composite de synth pop bouillonnante, hair metal 80s et saxophone extatique qui vient vous frapper en pleine tête avant d’avoir vu le coup venir. C'est un lever de rideau des plus appropriés pour un album qui peut englober des martèlements techno avec "Human Touch", du funk robotique aux hanches élastiques avec "America's Cup", de la motorik hallucinée avec "Czech Locomotive” et tellement plus sans même prendre le temps de souffler. Ainsi le single "Pink Lunettes" démarre comme si ESG s’était lancé dans une session de huit heures au Berghain avant de décoller à bord d'un synthé gargantuesque et de disparaître à l'horizon. Même au niveau des paroles, 9 emmène Pond en territoire inconnu. Les chansons de Nick Allbrook (ancien guitariste, claviériste et bassiste de Tame Impala) prennent ici une tournure plus impressionniste qu'auparavant, ce qui entraîne à la fois des one-liners hilarants dans le thrash gonzoïde de "Human Touch" et des préoccupations sociales et environnementales sur "Toast", en fermeture, qui aborde à la fois les feux de brousse de l'année 2020 et l'effroyable fossé des richesses dans sa ville d'enfance. Avant tout, 9 offre un sentiment d'abandon créatif et tout simplement d’amusement. Si ce n'était qu'une fraction aussi agréable à faire qu'à écouter, alors ils ont dû bien s'éclater !

LP vert 26,00