TOOTARD - MIGRANT BIRDS


26/06/2020


Les deux frères originaires du plateau du Golan, Hasan et Rami Nakhleh, reviennent avec un son nouveau qui rend hommage aux scènes dancefloor du Moyen-Orient des années 80. Migrant Birds, le nouvel album de TootArd, guidé par des synthétiseurs, nous emmènent sur le dancefloor, en s’éloignant du blues du désert de leur premier essai Laissez Passer. Sous les rythmes enjoués, une douleur persiste, qui jette son ombre sur les paroles. Le cœur de l’album est une idée simple, la liberté, celle des oiseaux migrateurs qui s’envolent et voyagent. Une pensée naturelle pour les deux frères apatrides. Né sur les hauteurs du Golan, région annexée dans les années 60 par Israël, ils n’ont pas de passeport, seulement un « laissez-passer ». Un sentiment de déracinement parfaitement capturé dans le morceau "Wanderlust" et ses images échappées d’un livre de Kerouac. Dans "Babe", les pensées d’évasion viennent d’une femme arabe désespérée de fuir la domination de son mari. Les deux morceaux plus lents de l’album, "Ya Ghali" et le majestueux "Remote Love", évoquent la beauté chaleureuse, celle d’un endroit où l’amour se transforme en mémoire. C’est un autre type de voyage, une libération du passé. Tout au long de Migrant Birds, l’accent est mis sur les chansons, qui ont beaucoup à dire. Un seul morceau est instrumental, l’énigmatique "Stone Heap of the Wild Cat". C’est le surnom donné à Rujm el-Hiri, un monument en pierre mégalithique sur les hauteurs du Golan, aussi vieux que Stonehenge, près de l’endroit où les frères Nakhlel ont grandi. Bien que fièrement enraciné au Moyen-Orient, Migrant Birds se veut accessible au monde entier. Les morceaux sont moins longs que dans la musique classique arabe, il y a un concept pop qui vient en partie de l’influence libanaise et égyptienne des années 80. Avec Migrant Birds la musique de TootArd est libre de s’envoler où bon lui semble.

lp 21,00