Disque

Maud Lubeck La fabrique

La Fabrique

Maud Lübeck ne se contente pas d’adopter les codes de l’écriture pop, elle en épouse l’esprit. En témoignent ses textes, souvent courts et justes, qui touchent au cœur parce qu’ils refusent de se parer de vains oripeaux poétiques, de complications pénibles, et ne viennent jamais entraver les mélodies. Il y a cette fusion harmonieuse qui le temps de quelques courtes minutes échappe à toute analyse.

La Lecture de Disque, de Flore Avet

Un tout frêle matin de printemps, comme depuis 6 matinées bleues, elle se réveillait sans peine, très tôt, comme intéressée par le jour.
Debout, seule, dans la densité du silence, elle observait sa peau, la fraicheur des tissus, la simplicité des formes.
Elle est dans l’encadrement des pans de rideaux tirés, les cheveux lâches, le teint clair, sa peau brille, peut être sa peau se raidit et pique, un peu d’air contre la tiédeur d’un corps encore endolori du rêve.
Ses rêves sont naturels, les couleurs, pâles. Les mots simples des jours passés forment comme un petit filet qui emmaillote ce fragile printemps. Peut être si on lui suggère la réticence il s’enfuira.
Au petit matin blême, elle est comme une déesse du délicat.
Rien, juste quelques vibrations des outils, des froissements de tissus, même l’air semble statique.
Alors elle en apesanteur résonnance de son propre corps, elle parcourt les boiseries du bout des doigts, y faisant battre les froufrou des cils emmêlés et le battement maladif du cœur intense, sauvage. Tu sais, si fort qu’il semble hors de toi.
Et alors la vie froissée reprend des couleurs, bientôt, i fera trop lourd pour que se multiplient ces petits papillons de papier de soie, ils se brûleront, faneront à la lumière directe.
Alors le printemps, cette saison à sauver résonne des cœurs fragiles des petits organismes féeriques. Bleutés.