Disque

pochette

Marmalade Sculpture

L’album de Jaromil Sabor nous embarque dans de tristes chansons attachantes aux échos lointains venus de l’Ouest, composées de mélodies cristallines finement brodées sur une toile de guitares obstinées, de harpe et d’un tambourin,….

La lecture de disque par Flore Avet :

« Depuis le grand départ ; avant, même, peut être ; dans nos rêves et nos préparations mentales, nous savions, qu’à un moment du voyage, bercés par les gloussements des courants et la monotonie des muscles toniques, chauds et bien bandés, il faudrait agir vite, additionner les gestes techniques, serrer le bas du ventre.

L’instructeur était arrivé de la ville, portant dans une sacoche un petit rouleau de feuilles imprimées, qui sentaient encore l’alcool.

Dessus, les itinéraires, sur l’eau et sur terre. Les chargements par bateau et les lieux de bivouacs par équipe.

Au bout d’une succession de petits lacets, allant en se rétrécissant, une croix rouge barrait le serpentin de la rivière que nous descendrions.

À cet endroit, les courants avaient creusé la pierre à flanc de falaise, et sculpté un petit cercueil. « Cercueil », c’est le mot que l’instructeur avait utilisé et qui était revenu en rêves. Un renfoncement dans la roche contre lequel il faudrait résister. Voiler et diriger de secondes en secondes.

Il faudrait placer l’excitation au bon endroit dans la torpeur de la descente.

Après, nous serions tirés d’affaire. »