Disque

Wet cover

Wet

Après un premier maxi sauvage, OK revient avec un nouvel opus qui confirme son goût pour les belles choses et leur sabotage. Une voix luxuriante comme la sécheresse et une guitare plurielle cernées par deux batteries singulières et différentes. Le power trio fondamentalement rock’n roll ne perd jamais de vue la musique pop et ses aspirations. 5 titres intransigeants et passionnés pour 20 minutes denses et bouillonnantes.

La Lecture de Disque, de Flore Avet

Ils sont sur cette scène fragile faite de bois rongé et ils tremblent et titubent.

Ivres du poids des instruments, des bottes en Python et du headbanging poisseux donné au ralenti, sur des morceaux rageurs et suspendus.

Les musiciens sont là, serrés sur cette petite scène, dans leurs petits vêtements serrés, moites de la chaleur étouffante du lieu.

Ils oscillent. Produisent des sons forts et francs du blues interminable de cette lourde Amérique, en même temps que des petits grésillements précis, comme des chatouilles à ces cordes suspendues, à ces voix fermes et savantes que l’on écoute, hypnotisés, nous dicter le code. Les sons font trembler la terre et la minuscule scène de bois rongé. Les lignes les enveloppent, un nuage tenace, élastique et vénéneux, premier coupable à mettre la fièvre au public transi. La tête tourne et peu à peu tout semble se décaler. Les halos se détendent autour des corps.

La tête loin derrière, après quoi lentement, les épaules se serrent, les muscles à leur paroxysme entraine le buste puis les épaules et enfin le front en avant, un geste de psalmodie, du corps qui se replie sur soi même, qui va voir à l’intérieur. Lentement s’anesthésie, de son et de gestes précipités. Et tout se décale. Les formes et les battements. Chaque geste accroché, intense, par le halo de la chaleur.