Disque

Pascal Bouaziz de Bruit Noir

I / III (Rec Son / Ici d'Ailleurs)

On aurait d’abord l’impression que c’est plombant, à cause des textes sombres et des instrumentations glaçantes, synthétiques et minimalistes, mais ce serait passer à côté du cynisme rieur de ce projet issu de l’escapade en duo de Pascal Bouaziz et Jean-Michel Pirès de Mendelson.

Si le nom est ténébreux, le dessein de Bruit Noir, lui, est très clair : rire jaune des affres d’un quotidien qui nous perd. S’ouvrant par un « Requiem » (pour Pascal Bouaziz lui-même), la couleur est annoncée d’emblée : chantant sa propre ode funéraire, le meneur de Mendelson mêle humour et macabre dans un même élan glaçant. Au fil de l’album, on évoquera « Joy Division » (« ce qui est vraiment triste, c’est qu’il était entouré d’abrutis, entouré d’abruti toute sa vie », « au moins, il n’a pas fait de duo avec Metallica ») et le merveilleux monde de l’usine… à viande (« Déchirer un bœuf en deux avec une scie électrique, déchirer deux bœufs en deux avec une scie électrique, déchirer trois bœufs en deux… »). Le tout sur des instrumentations répétitives, faites de boites à rythmes rigides et de synthés austères.

Misanthrope résistant au désespoir à grand coup de cynisme rieur, Bouaziz et Pirès emportent leur auditeur dans une balade pour chanter sous la pluie, le sourire aux lèvres mais le visage blême.