Disque

Doug Hream Blunt

My Name Is Doug Hream Blunt (Luaka Bop)

Attention : ovni.

Flottant dans un mélange subtile et farfelu de pop sucrée et de funk hypnotique, Doug Hream Blunt concevait, il y a trente ans, un unique album qui devait devenir le trésor caché favori de générations d’indie freaks, d’Ariel Pink à Dean Blunt en passant par Connan Mockasin, R. Stevie Moore

Désormais ré-édité par Luaka Bop (le label de David Byrne à qui nous devons déjà la redécouverte du génie de l’afro-disco William Onyeabor), My Name Is Doug Hream Blunt s’offre à nous avec une fraicheur et un charme uniques. Post-moderne avant l’heure (et sans doute malgré lui), Blunt croisait les genres et ré-inventait des codes qu’il ne maitrisait sans doute que très vaguement, sans trop se poser de question, avec une spontanéité et un ludisme qu’on croise rarement dans un état aussi pur.

 

 

Par vraiment un technicien surdoué, Blunt avait néanmoins un jeu de guitare électrique bien à lui, à la fois foutraque et fougueux. C’est Victor, le batteur qui s’occupait du cours du soir « Comment former un groupe ?« , au Golden Gate Park de San Francisco, auquel Blunt s’était inscrit, qui lui enseigna les rudiments de la six cordes, quand bien même lui-même ne savait pas en jouer…

En guise de backing band, c’est tout naturellement que Blunt recrutait son professeur et quelques camarades de classe. Du haut de la fraicheur intacte de ses 35 ans, il enregistra My Name Is… en 1985 dans son garage, puis alla déposer le vinyle chez les disquaires du coin.

La suite est prévisible : hors norme, hors format, hors industrie, le disque fait un flop. Il tombe dans l’oubli, avant de devenir le St Graal d’une poignée de diggers, puis d’atterrir dans les mains de David Byrne.

On ne sait pas trop ce qu’est devenu Doug Hream Blunt, mais on espère que la nouvelle vie de sa pépite pop-funk saura l’atteindre.