Disque

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Noche Primera

Noche Primera chante des paysages habités des lueurs symbolistes, des incantations chaudes et noires, des drames statiques sur ostinato rythmique. S’emporte d’épopées mineures, rit d’hérésies légères, s’inquiète de la nuit première. Fait surgir l’électricité d’instruments acoustiques, la polyphonie de l’unisson, la lumière de la pénombre. L’espagnol et le français s’entremêlent ici, se répondent là, et enfin se confondent.

La Lecture De Disque par Flore Avet : 

« Je la regardais et le silence s’imposait. Déjà, elle avait changé de cheveux. De parfum aussi peut être, je ne parle pas de chimie, mais de cette odeur âcre et amoureuse du dos suant, des têtes fatiguées et voyageuses. Nous étions dans un café, sur une place méconnue d’une ville de passage, où nous étions chacun de notre côté venu en mission pour quelque chose. Elle pour voyager, ça lui ressemble bien ; moi pour repérer les lieux du tournage de février prochain. Compliqué, d’imaginer les angles des nuits de février, dès la mi août. Comme il y a six mois, blottis au chaud, son odeur de blonde vénitienne épuisée, tout contre moi, que j’imaginais éternelle. Il y a six mois je croyais avoir le temps. Et puis la revoilà, de nouveau inconnue, mélangée à l’odeur de l’étrangeté. Il y a six mois, sa peau crémeuse qui sentait le pain frais. Et aujourd’hui, elle me regarde avec son petit visage de caillou. L’ingénieur était seul, avec des ondes minuscules. Dans le silence et les pulsations des machines. En lui même, les battements de son cœur étaient de délirantes symphonies animales. »