Disque

Oiseaux-Tempête

s/t

La lecture de Flore Avet :

“OUI, je lui parle, et alors ? Elle sait, mais n’en fait qu’à sa (ses ?) tête(s).

Depuis quelques semaines, se déroule sur la petite table de l’entrée un drame sans fracas. Voilà pourquoi je prie, je lui parle.

Cette chose vivante m’entend-elle ?

Sent-elle ?

Au fond, je ne sais pas réellement ce qui l’affecte. Depuis quelques semaines, ses feuilles noircissent, lentement, puis tombent.

Et rien à faire contre ça.

Au départ, ça a été des petites bêtes. Dont je ne savais, à vrai dire pas tellement d’où elles sortaient.

C’est là que l’inquiétude a pris racine.

J’agissais, tous azimuts.

J’ai commencé par la toucher. Toucher ses feuilles, y pulvériser du savon de marseille, une préparation ajoutée d’inspiration. Rien. Je l’ai promenée. Ici et là, je l’ai même transportée dans ma chambre le soir, pour dormir avec, mais rien.

Depuis peu les petites bêtes sont parties, mais les feuilles elles, continuent leurs chutes. Alors je lui parle, je l’encourage et je prie.

Je n’ose pas croire que je l’aurais inondé, mon bégonia dragon.”

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Conçu dès l’origine comme un projet à la fois musical et visuel, poétique et politique, le premier album de Oiseaux-Tempête reconstruit, dans une odyssée sonore, les perceptions et questionnements relatifs aux dysfonctionnements du monde occidental. Sans doute la Raison émergea-t-elle en Grèce, c’est de là que les nouvelles interrogations repartent.

L’objet lui-même garde les traces de ces interrogations, le double LP est construit comme une lente montée implacable, les images sombres la soutenant de façon poignante.