Disque

Louis Aguilar_Pochette carree

Close Your Eyes, You’re Invisible

Passionné de folk et de musiques traditionnelles américaines, le jeune Louis Aguilar a déjà trois disques solo au compteur et un voyage aux Etats-Unis aux côtés de musiciens locaux. À 21 ans, il se lance dans l’enregistrement d’un 4ème album, avec batteur et bassiste, The Crocodile Tears. On s’éloigne de l’anti-folk: les cordes vont en s’électrifiant et les belles comptines se parent alors d’atours sublimés.

 

La Lecture de Disque, de Flore Avet

« Penché au pied des gens, il était incroyable et émouvant.
Il manipulait de petites choses fragiles qui mourraient immédiatement après les avoir montrées. Comme un prophète qui ferait mourir des colombes en les abandonnant à leurs ailes.
Il n’était pas très grand, mais enroulé sur lui même, accoudé sur son propre genou, (histoire de reprendre son souffle, d’être majestueux au pied de la terre) il ressemblait à un ange rauque, dans sa main poussait des fleurs.
Personne n’avait jamais fait les mêmes gestes que lui avant. Il avait des mains blanches comme la chair secrète, courtes et épaisses. Dedans, il pinçait entre quelques doigts les coins des fleurs, pour en montrer les mystères.
Il cueillait dans le même champ des fleurs à téter et des piquants vénéneux. Il rendait les paysages magiques et pleins de cadeaux.
Prosterné face contre la terre au pied des gens qui l’écoutaient, il parlait à un petit peuples de mollets rouges d’efforts et calmes. J’entendais sa respiration très forte. Des inspirations courtes, et des souffles comme des soulagements.
Il tenait dans ses mains sèches des petits pétales insensément flamboyants, il était beau et parlait si bas, quand la foule l’écoutait. »