Disque

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La Nuit Masquée

La musique de Savon Tranchand est étonnante. Ils se réclament de l’énergie punk en jouant des mélodies fragiles. Ils crient leur amour de Berlin déguisés en militaires brésiliens ou en jeunes Chinois. On entend une guitare sommaire martyrisée et deux fous chanter comme on perce un mur, distribuant les coups de pieds tout à la fois dans les ruines du punk rock et de l’électro sauvageonne, des arts visuels et du happening. 

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La Lecture de Disque par Flore Avet :

“Il paraît qu’en une nuit, des pans du mur avaient disparu.

Et avec, évaporés les ectoplasmes noir et blanc des soldats qui surveillaient en silence les années corrompues, les années sombres, devenues sépia magique.

Pour penser toujours au plomb sous les couches de peintures, la ville avait maintenu ce vestige, symbole heureux de la liberté acquise avec des bouts de ficelles et des petits marteaux.

Alors j’imagine que maintenant, soldats et murs disparus,  les petits matins en rase motte des hivers à venir brilleront au travers.

Ville amputée.

Débraillée, nous lui passons au travers.

Il passe à côté en cherchant quelque chose.  Il veut des images, un ciel gris, une mémoire éclatante.

Son T-shirt blanc brille sur le fond de friche incertain. Gravats et horizon mélangés à la skyline berlinoise.

Ses cheveux semblaient doux. D’un noir intense et égal. Que le paysage semblait faible, alors que sur son visage impassible et bien éduqué passait l’ombre du désarroi.

On ne lui avait pas dit que la ville serait si vaste et si profonde.

Il lui restait tout à faire.”