Disque

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TV slept through my education

La Lecture de Disque , par Flore Avet

Tapenga porte ce nom de soleil enfermé. A la fois lumineux et enragé, explosif et accidentel, comme un soleil perdu dans la brume, comme si ton avion atterrissait tout à coup dans une mare de brouillard. Tu serais surpris et bousculé, frappé fort.

J’étais dans un pays froid. 
Sur un pont, entre deux rives d’une ville, exposée au vent, à son froid, au développement de la journée, sa tendance, fraîche ou sèche. 
Je me suis faite bousculer par les accords rageurs et désordonnés, des micro-piqûres du vent sur le visage. 
Et puis par surprise le soleil s’est levé et a égrené ses minuscules et fragiles feuilles de cuivre sur le fleuve gros.

Le soleil, comme des petits brins de chaud barrent le vent. 
Tu tapes tes mains l’une contre l’autre pour faire barrage au froid, et puis le cadeau délicat du jour, des petits rayons t’enveloppent. Le temps que durera l’admiration.

La musique de Tapenga est comme ce paysage.
Des petites piqures se cristallisant sur le visage, par dessus la brûlure sans contours, ample et dévorante. Le jour se met à fourmiller, des petits éclats du vent, de la lumière. Des pichenettes éclatantes sur le brouhaha, comme des réminiscences de la west coast alors qu’on file ; en pleine glissade sur un lac gelé, un pays gelé, une crise hivernal qui te ferait croire que plus jamais la californie ne reviendra teinter tes espoirs.

Dans Tapenga, le soleil mince, des tentatives de réchauffement ficèlent la véhémence des boulevards sonores.