Disque

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Ostinato

On pourrait parler d’une new/cold wave sans manière, proche de l’os, d’un post- punk/hardcore shrapnel, d’une pop barbelée, d’un rock mélancolique. De romantisme également, celui qui sait convier les larmes d’importance, qui préfère, au pragmatisme roi d’une époque perdue, les épopées immobiles, où tout reste possible.

Son style, Versari l’a travaillé au corps depuis des années, sans raccourci idiot ni facilité crasse. Et cet album, son deuxième, est véritablement l’effort de trois individus, tous passionnés. Un travail tricéphal donc, acharné, nourri de cinq années de répétitions bunker, de concerts, d’échanges, du plaisir de jouer ensemble dans un but commun.

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La Lecture de Disque par Flore Avet :

“Bien sur chacun avait des intentions différentes.

Il y avait le moment où nous dormions, et puis le moment où fidèle à notre tempérament nos muscles n’étaient que feu couleur bronze. Entre les deux l’hésitation.

Avant que de se jeter dans le jour, nous vivions ce moment de tension. Un seul corps massif, trois cous solides, bête magique et immense, trois directions spontanées, trois ciels vers lesquels tendre pour redresser ce grand corps.

Les muscles de l’autre qui habite dans mon corps, que je sentais se bander.

Cela était doux et me faisait du bien. Personne n’était oublié.

A la racine, à la naissance de nos trois têtes, comme un creux froid. Le nid des serpents qui se lovent et étranglent parfois lorsque l’un de nous pousse trop vite.

 Nous étions un seul grand corps désordonné. Brillant, rêche, parfumé.

Il fallait une fraction de secondes, des souffles profonds de remise en marche, des facultés motrices qui s’emmêlent. Pas qui claquent et articulations qui se choquent.

Trois petites secondes à peine de mise en route, et alors trois têtes larges et penchées crevaient le nuage vers l’aventure.”