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Artiste: Anadol, Marie Klock

Manivelles

Le prix initial était : 32,00€.Le prix actuel est : 29,00€. 29,00

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UGS : bs-539767 Catégories : , Marque : ,

Date de disponibilité (sous réserve) : 22 mai 2026

Couleur : Black

Description

Un matin d’avril à Istanbul, une Marie Klock pensive s’adonnait à sa pédicure quand, soudain, la maison se mit à onduler. Incertaine de la marche à suivre – paniquer ? finir le pied gauche ? –, elle choisit la seconde option avant de consulter son téléphone. Un message d’Anadol (Gözen Atila) lui intimait de venir se mettre à l’abri du séisme dans un parc. C’est là qu’elles passèrent le reste de la journée, à boire du thé, et le blocage d’écriture qui accablait Klock jusqu’ici s’évapora dans les volutes de menthe.

Manivelles, le deuxième album de l’artiste sonore Anadol et de l’autrice-compositrice Marie Klock, s’inscrit dans une perspective différente de leur premier duo paru en 2024 ; là où La grande accumulation était née d’une rencontre fulgurante et bouillonnait d’un surréalisme débridé, Manivelles puise en profondeur dans le vécu d’une amitié rare. Son titre fait allusion à l’atmosphère de friction ludique dans laquelle créent les deux camarades férues de boîtes à musique.

Saluées par The Quietus qui voit en elles «un duo pop décalé dont chaque moitié pousse l’autre vers des sommets d’excentricité», Anadol et Klock produisent une drôle de mixture de musiques pop, kraut et folk aux arrangements parfois opulents. Une grande partie des instrumentaux a vu le jour dans les studios parisiens de David Sztanke, Antoine Bourachot et Irfane, dont elles ont picoré les machines extravagantes (Prophet-5, Jupiter-6, Space Echo, Pianet M…). Sur Sans toi, par exemple, le cliquetis mécanique du Pianet a non seulement été conservé mais amplifié pour nourrir le vague-à-l’âme de la mélodie.

Une deuxième salve d’enregistrements a eu lieu quelques mois plus tard dans le studio d’Anadol, à Istanbul. Là, le duo a pioché parmi son ample collection de claviers obscurs et d’échantillons sonores (enregistrements de bétail, essoreuse à salade en guise de drone…), méticuleusement tissés, subtilement saucissonnés.

Retour au parc. Les textes de Marie Klock, navigatrice de l’infime et du cosmique, devaient constituer la colonne vertébrale du disque. Mais des monceaux d’angoisses encombraient l’accès à sa voix – jusqu’à cette secousse sismique qui la fit jaillir, enfin, dans Symposium. Ecrit d’une traite, comme une parodie d’éditorial pompeux, et hurlé au micro, ce texte déclencha tous les autres. Henri, une berceuse répétitive pleine de tendresse adressée en patois à son grand-père, suivit comme un contrepoids.

Les neuf pièces constitutives de Manivelles évoquent, en chanson ou en déclamation, des tragédies banales : fête de famille gâchée, peine de cœur increvable, absence d’un être aimé… En ouverture, La Supériorité du nombre serpente à travers des vagues d’inflation, stabilisée par un beat sur lequel pleuvent de curieux timbres. Magnitude 6.3 déverse des rêves émoussés par la houle dans une coque aux airs pop, tandis que l’émetteur défaillant d’Une grande tragédie polonaise envoie des signaux de chagrin dans l’immensité.

Le caractère de Manivelles doit beaucoup au mix de Gökalp Kanatsız, qui joue aussi du synthé basse dans Sans toi. Durukan Betses (batterie), Nedim Ulusoy (saxophone) et Alexei Tintaru (basse) ont également apporté de précieuses contributions. La pochette est tirée d’une peinture de l’artiste brute irlandaise Sarah Theresa Lee, titrée The Haunting of Faggedy Anne… – moins une illustration qu’un miroir, reflétant l’état spirituel et physique des artistes lors de la création de l’album.

A1 La supériorité du nombre
A2 Magnitude 6.3
A3 Manivelles
A4 Rentrer à la maison
A5 Henri

B1 Les histoires véritables de Gözen et Marie
B2 Une grande tragédie polonaise
B3 Sans toi
B4 Symposium