Description
« Je ne comprends pas Bernardino. On dirait qu’il prend plaisir à se saboter lui-même. »
« Ou peut-être que je refuse simplement de jouer le jeu que quelqu’un d’autre a écrit pour moi ? »
Memoirs of Self-Sabotage se déploie comme une dérive musicale : des fragments écrits et enregistrés en tournée entre la France et l’Italie, façonnés par la précarité, les tensions administratives, la perte et la paranoïa. Les morceaux émergent comme les scènes d’un film noir psychologique – une discothèque déformée de monologues, de chansons, de sketchs et d’anachronismes – où la voix oscille entre séduction et rupture.
En son cœur se cache une intuition troublante : l’exploitation la plus insidieuse est celle de sa propre intimité. Alors que les émotions et les désirs deviennent des marchandises, le projet résiste à l’assimilation.
Chaque morceau devient un lieu de désertion – refusant les rôles, les codes et les systèmes de contrôle, même ceux qui se font passer pour de la critique. Les alliances s’estompent, les trahisons se profilent ; la lucidité bascule dans la paranoïa. Échos déformés de nostalgie, strates cinématographiques, voix en tension : la musique devient un espace instable, un laboratoire de dérive et de survie. Ni disque, ni manifeste, ni autobiographie, elle se déploie comme une discothèque mentale où coexistent désir, peur et autosabotage.

