Artiste: Coldcut

Sound Mirrors (Marbled Eco-Mix Vinyl)

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2LP color

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UGS : bs-537586 Catégories : , , Marque :

Date de disponibilité (sous réserve) : 19 avril 2026

Description

Avec Sound Mirrors, Coldcut signe un retour triomphal sur le devant de la scène, non pas comme un simple anniversaire, mais comme une réinvention audacieuse de leur propre héritage. Vingt ans après sa sortie initiale, ce réédité vinyle n’est pas une nostalgie stérile, mais une plongée électrisante dans les racines du hip-hop expérimental, du jazz contemporain et de la house profonde. Le trio britannique, déjà pionnier avec What’s That Noise? en 1989, prouve ici que leur alchimie entre sampling, beats cassés et mélodies organiques reste inégalée. L’album respire une maturité rare : là où les productions électroniques actuelles oscillent souvent entre pastiche et minimalisme, Sound Mirrors assume une complexité joyeuse, où chaque couche sonore semble respirer, comme une respiration humaine dans un studio de jazz des années 70.

Le disque s’ouvre en trombe avec True Skool, un titre qui résume à lui seul l’esprit du projet : un collage frénétique de breaks hip-hop, de cuivres jazzy et de basses profondes, le tout enveloppé dans une production qui sonne à la fois vintage et futuriste. Walk A Mile In My Shoes et Man In A Garage confirment cette dualité, avec des mélodies envoûtantes portées par des samples de voix soul et des rythmes qui évoquent autant le Blue Lines de Massive Attack que les expérimentations de The Orb. Mais c’est Just For The Kick qui vole la vedette : un morceau où le groove devient presque physique, avec une ligne de basse qui pulse comme un cœur, et des scratches qui dansent autour d’un sample de jazz manouche. La production, signée par Matt Black et Jonathan More, est d’une précision chirurgicale : chaque élément, du plus infime au plus monumental, trouve sa place dans le mix, sans jamais étouffer les autres.

La deuxième face du vinyle, plus contemplative, explore des territoires plus sombres et introspectifs. Mr. Nichols et A Whistle And A Prayer jouent avec des atmosphères downtempo, où des nappes de synthé se mêlent à des percussions tribales et à des voix chuchotées. Ces titres rappellent que Coldcut a toujours été autant un collectif qu’un duo : l’influence de collaborateurs comme le saxophoniste Cleveland Watkiss ou le batteur Trevor Morais se ressent dans ces moments où l’improvisation jazz se marie à la structure électronique. Everything Is Under Control, avec ses cordes envoûtantes et son rythme hypnotique, est un sommet de cette veine, un morceau qui pourrait figurer sur un album de Bonobo ou de Four Tet tant il est à la fois sophistiqué et accessible.

Le final du disque, avec This Island Earth et Sound Mirrors, est une apothéose. Le premier, avec ses nappes planantes et son beat minimaliste, est une méditation sur l’espace et le temps, tandis que le titre éponyme, qui clôt l’album, est une explosion de créativité : un mélange de house mélancolique, de jazz fusion et de hip-hop old-school, où chaque instrument semble improviser en temps réel. En refermant ce vinyle, on se surprend à regretter que Sound Mirrors n’ait pas été réédité plus tôt : il n’est pas seulement un classique oublié, mais une preuve que la musique électronique peut être à la fois intellectuelle et dansante, expérimentale et émotionnelle. Coldcut, avec ce disque, rappelle qu’ils sont bien plus que des pionniers : ce sont des architectes du son, des magiciens qui transforment le chaos en harmonie.