Artiste: Fred Orton, Gavin Bryars, Tom Phillips

Irma – an opera by Tom Phillips

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Date de disponibilité (sous réserve) : 16 décembre 2025

Description

À propos de la composition d’Irma de Tom Phillips

En février et mars 1977, j’ai réalisé une version d’Irma pour Obscure Records, le label de Brian Eno. Les notes suivantes sur cette œuvre sont issues de cette collaboration et tentent de montrer comment celle-ci peut être transposée en performance.

Irma est une partition singulière, imprimée sur une seule feuille de 50 cm x 50 cm. La notation se compose de fragments tirés du traitement continu par Tom du roman victorien de W. H. Mallock, qu’il appelle A Humument, et utilise ces courts fragments verbaux qui font référence soit au « livret », soit au « décor et à la mise en scène », soit aux « sons ». Ces trois catégories sont disposées en sections distinctes sur la feuille carrée, avec, en bas, une ligne de notation musicale. À première vue, cela ressemble à une pièce de musique indéterminée – il est évident qu’un travail préparatoire doit être effectué avant qu’elle puisse être jouée et personne n’oserait l’interpréter directement à partir de la partition – mais si on l’aborde dans cet esprit, comme on le ferait pour une pièce de John Cage ou de Morton Feldman écrite dans les années 1950, les résultats sonores sont soit largement documentaires, soit dépendent entièrement du talent de l’interprète pour former un tout cohérent. Certes, on pourrait dire la même chose d’une pièce de Cage, telle que Variations I, mais dans ce cas, l’interprète dispose d’un certain nombre de paramètres sonores précis dans lesquels il doit travailler, alors qu’Irma doit être recomposée plutôt que réalisée.

Si l’on néglige la distinction entre « composer » et « réaliser », et si l’on n’utilise que les éléments présents dans la notation, le résultat risque d’être appauvri et il est clair que, considérée isolément comme une œuvre autonome, la partition est très pauvre sur le plan notationnel. Soit on produit donc une pièce musicale appauvrie, soit on prend la responsabilité d’aller plus loin. Tom ne dit pas explicitement qu’il faut aller au-delà d’Irma pour explorer le reste de son œuvre, mais il dit qu’il faut sortir du cadre de la pièce. Sur la partition, il écrit : « Peut-être que traiter les indications données ici comme s’il s’agissait des seuls fragments survivants d’un opéra ancien, ou des fragments de témoignages oculaires et auditifs de celui-ci, et, en l’absence de connaissances sur les traditions d’interprétation de l’époque, reconstruire un tout hypothétique qui les intégrerait de manière économique, constituerait une base appropriée pour aborder une production. » Il faut donc essayer de les rassembler et de combler tous les vides entre ces fragments. Cette approche, qui coïncide d’ailleurs avec un intérêt pour ce type de procédures dans mon propre travail, semble être la plus appropriée. Si le « compositeur » utilise les méthodes que Tom utilise manifestement pour produire des images, pour créer A Humument (dont Irma fait partie), et s’il utilise les notations d’Irma comme des indices pour le guider vers tout domaine susceptible de donner des résultats riches, alors un résultat beaucoup plus satisfaisant est probable – satisfaisant tant en termes de qualité que de cohérence avec le reste de son oeuvre.