Artiste: Gwendoline

C’Est À Moi Ça

17,00 17,00

UGS : bs-430906 Catégories : , , Artiste :

Date de disponibilité: 29 février 2024

Couleur: Noir

Description

SORTIE FIN FEVRIER

 

La musique de Gwendoline en a rien à foutre. Elle a pas de projet. Elle tente rien, ils le
répètent à qui veut l’entendre, faut juste écouter. Chacun entendra ce qu’il veut dans
« C’est à moi, ça », nouvel album des deux brestois signés chez Born Bad. D’aucuns
voudraient qu’ils soient Joy Division, Noir Boy George, Bruit noir, Ventre de biche, les
bérus. Voudraient que leur wave soit cold, shlag, dark.mais c’est pas leur problème. Les
malentendus peuvent tuer dans ce métier, par pitié laissons ces deux-là tranquilles.
Chanter la tise à ce point, c’est plus la haine de soi qui guide leurs pas, c’est culturel. C’est
un acquis social, ils ont le droit de chier sur Rennes quand les costards en gyropode y ont
piqué leurs bars préférés. C’est bien un truc d’inclus de trouver qu’ils sont déprimés, il
suffit d’écouter « Le sang de papa et maman » pour comprendre à quel puits artésien ils
vont chercher le pastis croupi qui jaillit de ce disque.

Il y a des chansons qui se laissent chanter, parce qu’il y a de la place pour nous dedans.
Gwendoline calcule rien, si ça braille simple comme au foot, c’est pas pour remplir des
stades, c’est parce que c’est venu comme ça. Alors on queule que nous aussi, on veut les
« retrouver au PMU à huit heures du matin, pour partir en retraite en mobylette, avec tous
les copains ». Leur hymne passé, tiré de « Après c’est gobelet », a quelques cousins dans
l’album, notamment Rock 2000 ou Pinata. C’est peut-être moins élaboré que l’an 01
comme révolution, mais ça fera l’affaire pour Pierre Barrett et Mickaël Olivette, deux
paumés magnifiques pour qui « la fin du monde a commencé quand ils sont nés ». C’est
moins écrit que du Pascal Bouaziz, mais comme ils l’affirment, « écrire comme
Beaudelaire, ils en ont rien à foutre ». Et puis fondamentalement : ils disent les termes.
Ceux de la France nutriscore Z comme Zemmour. Leur langue a le goût d’un sous-bock
humide et sent le micro fatigué de vivre dans le tiroir du comptoir d’un bar-tabac. Ils
prononcent les R comme pour cracher sur tout, parce que tout le mérite : meetic, les clubs
de vacances, la génération d’avant, celle d’après, la vie low-cost, les croquettes au poulet,
la trash télé qui mange les cerveaux, « les gens qui savent parler ». Et eux-mêmes, sans
doute, parce qu’il ont autre chose à faire qu’élaborer des plans socialement responsables
dans leur disque

Et on a envie d’être d’accord, de pas choisir, de pas savoir. Ils comprennent pas pourquoi,
après des années de loose, les gens formidables veulent faire des selfies avec eux,
pourquoi d’un coup, « tous les soirs, c’est la soirée de l’année ». Et ça ne va pas
s’améliorer avec ce nouvel album pensé en duo à la maison, enregistré littéralement à la
toute fin des choses, dans le Finistère. Les instrus sombres, radicales et sans chichis
(Jake et Romain, guitare / claviers), y font la courte-échelle à Pierre et Micka, corps
complémentaires pour dégueuler sur tout, avec un exceptionnel sens de la formule.
Ils y sont pour rien si on les aime, et ça les fait déjà chier. On les aime parce que leur
colère est juste. On a plus le luxe de la nuance quand tout a le goût du beurre doux qui a
mal tourne.

Halory Georger

photos: Alois Lecerf

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Gwendoline’s music doesn’t give a fuck. Doesn’t make proper plans, as they keep telling anyone who’ll listen. Everyone will hear what they want on “C’est à moi, ça”, new album by two Brest-based boys on Born Bad. Some would have them be Joy Division or les Béruriers Noirs. Some would brand them cold-wave, dark-wave, chav-wave, you name it. We won’t.

You can’t sing that much about pub culture without paying your dues. Their first album was literally written on the counter. They have every right to shit on gyropod-riding suits when they’ve stolen their favorite bars. Just listen to “Le sang de papa et maman” to check from which well they draw the muddy liquor that gushes from this record. Though they won’t brag about it, they are definitely ripping new assholes to every social injustice warrior out there, with gusto.

Some songs can be sung, because they manage enough room for us in there. You can join on the chorus as one would for a soccer song, but they’re not going for stadiums. Pierre Barrett and Mickaël Olivette, two magnificent losers for whom « the end of the world began when they were born », just tell it like it is. They « don’t give a damn about writing like Beaudelaire ». Their lyrics taste like damp coasters and smell like retired microphones living in the bottom drawer. Every track is an opportunity to spit on every aspect of life that asked for it : vacation clubs, the generation before, the one after, low- cost living, trash TV. And themselves, no doubt, because they’ve got more important things to do than draw up socially responsible plans.

French duo doesn’t get it when, after years of loose ends, the it crowd wants to take selfies with them. And it’s not going to get any better with this new album, conceived and recorded at home, in Brittany. The dark, radical, no-nonsense instrumentals (Jake and Romain, guitar/keyboards) give Pierre and Micka a strong ladder to go piss on the parade from a great height.

Love them, and it probably already pisses them off. Their anger feels single-breasted and fair. We can’t afford nuance when everything tastes like butter gone bad.

Halory Goerger

Informations complémentaires

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Pass Culture