Description
Avec Hold On To The Light, Jack Johnson et les frères Gutiérrez signent une collaboration aussi inattendue qu’envoûtante, où les guitares cristallines de Hermanos Gutiérrez rencontrent la douceur mélancolique de Johnson pour un résultat à la fois intime et lumineux. Dès les premières notes de l’homonyme Hold On The Light, on est saisi par cette alchimie entre les arpèges aériens du duo mexicain et la voix chaleureuse de Johnson, qui semble flotter sur une mélodie aussi simple que captivante. Le morceau, avec son rythme chaloupé et ses harmonies vocales envoûtantes, rappelle par instants les meilleurs moments de To the Sea (2010), mais avec une fraîcheur renouvelée, comme si Johnson avait puisé dans l’énergie folk-rock des Gutiérrez pour se réinventer sans se trahir. La production, sobre et chaleureuse, met en valeur les textures organiques des instruments, avec une basse qui pulse discrètement et une batterie qui respire sans écraser le tout — un équilibre rare dans le rock alternatif contemporain.
Le single Hold On The Light se distingue par son refrain envoûtant, où les voix de Johnson et des frères Gutiérrez s’entrelacent avec une complicité presque télépathique. Le morceau B du single, une version « Sketch » plus dépouillée, révèle une autre facette de ce projet : une intimité brute, presque improvisée, où les imperfections deviennent des atouts. On y entend Johnson murmurer des paroles qui semblent écrites à la volée, tandis que les Gutiérrez jouent avec une désinvolture qui rappelle leurs lives légendaires. Cette dualité entre la version studio et sa version brute est révélatrice de l’ambition du projet : un disque qui se veut à la fois abouti et spontané, comme si l’enregistrement avait capté une jam session entre amis plutôt qu’un album calculé.
Pourtant, malgré ces moments de grâce, Hold On To The Light peine à se détacher des codes du rock alternatif des années 2010, où l’on a déjà entendu des mélodies similaires, des structures trop prévisibles, et des paroles qui frôlent parfois le cliché. Johnson, malgré son talent indéniable pour créer des atmosphères apaisantes, semble ici moins inspiré que dans ses albums solo, où son écriture était plus personnelle. Les frères Gutiérrez, bien que brillants, peinent à imposer leur patte au-delà de quelques riffs mémorables. Le résultat est un disque agréable, voire réconfortant, mais qui manque cruellement de cette étincelle qui fait qu’un album devient un classique instantané.
Cela dit, Hold On To The Light reste une écoute gratifiante pour les fans de Johnson et des Gutiérrez, et son édition vinyle en teal marbré en fait un objet désirable. Le disque se savoure comme une tasse de thé par une soirée d’automne : réconfortant, sans prétention, mais pas inoubliable. À réserver aux initiés qui sauront y trouver du plaisir sans chercher l’extraordinaire.