Description
Ayô Dele — qui signifie « la joie vient à moi » en yoruba — n’est ni un slogan ni une promesse miraculeuse. C’est une bouffée d’air frais. Celle d’un album né dans les interstices, où les mots trouvent leur chemin entre l’ombre et la lumière, entre le désordre du monde et l’envie d’être.
Au cœur du projet, Julien Gervaix et Damien Tesson, beatmakers multi-instrumentistes, partagent un langage groove à la fois dense et aérien, où chaque détail respire et trouve sa place.
Avec des influences afrobeat, dub, funk, soul, roots reggae et musique électronique, ils considèrent le studio comme leur terrain de jeu. Leur musique est un groove hybride qui parle au corps : des lignes de basse rondes ou rebondissantes, des cuivres oscillant entre chaleur mélodique et énergie funk, des guitares texturées, des arpèges, des Rhodes enveloppants, un clavinet qui glisse, presse et embrasse. Tout s’assemble avec précision et souplesse, dans une composition inventive et chaleureuse. La rencontre de leurs expériences et de leurs sensibilités donne naissance à une musique ouverte, généreuse, faite pour danser et vibrer.
Avec Ayô Dele, Ireke entame un nouveau chapitre : le duo affine son style, laissant respirer les voix. Le groove reste la force motrice, mais s’ouvre à l’intimité. Cette intimité est portée par deux voix féminines uniques : Nayel Hoxo, chanteuse/rappeuse béninoise-nigériane, et Agnès Hélène, qui s’est déjà fait un nom sur Tropikadelic avec « Petit à Petit ». Elles ne chantent pas côte à côte ; elles coexistent, se répondent et parfois se croisent. Mais chacune suit son propre chemin : Nayel, avec la puissance de ses mots en yoruba, offre des chansons d’élévation, de guérison et de résistance — une lumière née dans les fissures. Agnès explore ces fissures elles-mêmes : ce qui vacille en nous, ce qui se réinvente dans les liens, les regards et les gestes.
Pour un titre, Olivya (Dowdelin) se joint à ce dialogue en créole martiniquais. Son âme ensoleillée esquisse les contours d’une douce résistance et célèbre la lumière retrouvée.
Ayô Dele incarne une détermination tranquille mais radicale : ne rien lisser, laisser vivre la pluralité, les émotions contradictoires et l’héritage métissé. Un album qui avance par vibrations, qui parle d’émancipation sans slogans, d’amour sans clichés, de colère sans tapage.
Deux femmes, deux univers intérieurs : une complicité sensible, un souffle partagé. Une musique qui ne recherche pas l’effet, mais l’écho, tissant un paysage sonore vivant entre traditions réinventées et textures contemporaines. Une alchimie fidèle à l’esprit d’Underdog Records, où la musique unit et rassemble les gens. Ayô Dele : « la joie vient à moi ». Une joie lucide, traversée d’ombres, patiemment retrouvée. Une musique qui accueille, libère, donne, et ce faisant, nous fait du bien.
Dans un monde saturé, Ayô Dele choisit la nuance : une transmission sans emphase, une joie sans naïveté. Un album qui vibre plus qu’il ne démontre, qui connecte plus qu’il n’impose, et qui, dans sa clarté tranquille, résonne d’un profond désir d’être pleinement vivant.
