Description
Avec Makeda Remix, Les Nubians offrent une réinvention électrisante de leur classique de 1998, Princesses Nubiennes, qui confirme leur statut d’architectes intemporels du funk et de la soul. Ce vinyle, pressé avec un soin presque rituel, se présente comme un hommage à la fois nostalgique et résolument moderne, où chaque face explore des facettes distinctes de la chanson titre. Le mélange de DJ Spinna et Ticklah, en ouverture, transforme l’original en une machine à groove hypnotique, où les basses pulsantes de Ticklah s’entrelacent avec les scratches précis de Spinna pour créer une version qui respire l’énergie des clubs new-yorkais des années 2000. La production, à la fois chaleureuse et précise, met en valeur la voix envoûtante de Hélène et Célia Faussart, dont les harmonies restent aussi envoûtantes qu’à l’époque, mais avec une maturité qui souligne leur évolution artistique.
La face 1 se clôt sur le remix de 3rd Force, une réinterprétation plus atmosphérique et jazzy, où les nappes de claviers et les percussions électroniques enveloppent la mélodie d’une douceur presque cinématographique. C’est ici que l’on mesure l’audace des Nubians : ils ne se contentent pas de revisiter leur passé, ils le réinventent, en puisant dans l’héritage du jazz fusion et de la soul psychédélique. L’original, placé au centre, agit comme un rappel nécessaire de la pureté originelle de Makeda — une ballade sensuelle où les guitares acoustiques et les contrebasses dessinent une ambiance à la fois intime et universelle. La voix de Célia, à la fois douce et puissante, y déploie une émotion brute, presque spirituelle, qui transcende les décennies.
La face 2, quant à elle, est un terrain de jeu pour les puristes et les beatmakers. L’instrumental de DJ Spinna et Ticklah, dépouillé de voix, révèle la complexité rythmique de leur collaboration : un jeu de call-and-response entre les percussions électroniques et les breaks live qui rappelle les meilleures heures du hip-hop instrumental. L’a cappella, quant à lui, est une démonstration de virtuosité vocale, où les sœurs Faussart superposent leurs voix en une mosaïque complexe, presque comme un hommage aux chorales gospel. Enfin, l’instrumental de l’original offre une écoute minimaliste mais profondément groove, où la guitare et la basse dialoguent avec une élégance rare. Ce vinyle, par sa structure, se révèle comme une œuvre à part entière, bien plus qu’un simple remix : c’est une méditation sur le temps, la mémoire et la réinvention.
Si Makeda Remix ne révolutionne pas le genre, il en confirme la vitalité et la pertinence. Les Nubians, avec ce projet, prouvent qu’une chanson peut traverser les époques sans perdre de sa magie — au contraire, elle s’enrichit de nouvelles couches, de nouveaux échos. Pour les collectionneurs et les amateurs de soul, ce vinyle est une pépite : un objet à la fois nostalgique et avant-gardiste, où chaque face offre une expérience d’écoute unique. À placer aux côtés des rééditions de D’Angelo ou Erykah Badu dans toute discothèque qui se respecte.
