Description
Photographe acclamé, artiste né en Algérie et basé à Paris, Mohamed Bourouissa entretient depuis longtemps un intérêt profond pour le son. LILA est son premier album solo, un « objet musical » autoproclamé qui fait l’inventaire des relations importantes de sa vie — chaque titre est dédié à une personne à laquelle il pensait en composant le disque. Avec des apparitions de l’artiste franco-sénégalais Le Diouck et de la figure avant-gardiste italienne Valentina Fanigliulo (aka Mushy et Phantom Love), l’album ressemble à un journal de réflexions hypnagogiques, utilisant des synthés apesantis, des voix AutoTunées brisées et des séquences de beats dissociées pour esquisser un portrait de sa réalité intérieure. La première référence sonore identifiable de Bourouissa remonte à 2009 avec Temps Morts, une vidéo nommée d’après le premier album de Booba. Depuis, il a suivi son intuition : une compilation de sons expérimentaux du monde arabe en 2017, une collaboration avec Jordan Quiqueret pour traduire les fréquences d’un acacia en rythmes, et un duo avec Fanigliulo qui lui a finalement donné la confiance d’embrasser ses capacités. « C’est à ce moment-là que le son est devenu une partie intégrale de ma pratique artistique. » De la même philosophie naît LILA, des accords de piano et échos choraux de l’intro jusqu’aux bourdonnements microtonaux de l’outro. Un album difficile à classer, où des traces de pop côtoient des vestiges de musique club, des arpeggios FM hantés et des drones de synthé xenharmoniques. Le fil conducteur : Bourouissa représente un sentiment plutôt qu’un son. Une musique si tactile qu’on pourrait presque la toucher.