Artiste: Various Artists

What Dance Is This? (UK Post Punk Dancefloor Vol.1)

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Date de disponibilité (sous réserve) : 19 avril 2026

Description

Dans l’océan des rééditions post-punk, What Dance Is This? UK Post Punk Dancefloor Vol.1 1979-1983 se distingue par une sélection aussi audacieuse que cohérente, compilée par Lantern Rec. avec un flair qui rappelle les anthologies cultes de Soul Jazz ou Strut. Ce premier volume, pressé sur un vinyle transparent aussi mystérieux que la musique qu’il contient, plonge l’auditeur dans une transe post-industrielle où les rythmes mécaniques de la new wave croisent les frissons hypnotiques du dub et du funk mutant. La tracklist, savamment équilibrée entre raretés et titres plus connus, évite le piège du simple hommage nostalgique pour proposer une écoute active, presque chorégraphique — comme si chaque morceau avait été choisi pour son pouvoir de faire danser, même les âmes les plus réticentes au groove.

L’ouverture avec Sarava de The Pop Group est un uppercut sonore : la basse de Dan Catsis, lourde et ondulante, s’enroule autour des cuivres agressifs tandis que Mark Stewart hurle comme un prophète en transe. On est loin du post-punk britannique policé ; ici, la danse est une révolte, un exorcisme. Serbian Village de Delta 5, avec son riff de guitare minimaliste et la voix rauque de Julz Sale, confirme cette énergie brute, presque punk dans sa simplicité. Mais c’est Invaders Of The Heart (Mix One) de Steel Pulse qui vole la vedette : ce dub reggae à la production aérée, avec ses nappes de synthé et ses percussions envoûtantes, rappelle que le post-punk n’a jamais été un genre monolithique. Le titre éponyme, What Dance Is This?, par The Slits, clôt la face A sur une note plus expérimentale, entre spoken word et rythmes tribaux, comme si le disque nous demandait : « Et vous, quelle danse choisissez-vous ? »

La face B, plus sombre et introspective, explore des territoires moins fréquentés. Ballad Of The Dying Sigh de The Fall, avec sa guitare sèche et la voix nasillarde de Mark E. Smith, est une perle méconnue où le désespoir le dispute à une ironie mordante. Get It Right de The Au Pairs, avec son groove funky et ses paroles féministes, est un rappel salutaire que le post-punk était aussi une musique de combat. Black Leather de The Only Ones, titre plus connu, brille ici par sa production plus aérée, presque cinématographique, où le saxophone de John Perry devient un personnage à part entière. Enfin, Freak de The Monochrome Set, avec son mélange de new wave et de cabaret décadent, termine le disque en apothéose, comme une invitation à danser sur les ruines du monde.

Ce qui frappe dans cette compilation, c’est sa capacité à transcender les clichés du genre. Pas de nostalgie larmoyante, mais une énergie fraîche, presque subversive, qui rappelle que le post-punk était avant tout une musique de rupture. La production, bien que parfois datée, est restituée avec un soin qui met en valeur les détails — les basses profondes de Yeah… The Dum Dum de The Raincoats, les guitares saturées de Black Leather, ou les percussions tribales de What Dance Is This?. Lantern Rec. signe ici une anthologie qui n’est pas seulement un hommage, mais une réinvention : celle d’un genre qui, même quarante ans plus tard, refuse de mourir.