Artiste: Puscifer

Normal Isn’t – Live at the Pacific Stock Exchange

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LP

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UGS : bs-537169 Catégories : , , Marque :

Date de disponibilité (sous réserve) : 19 avril 2026

Description

Avec Normal Isn’t (Live At The Pacific Stock Exchange), Puscifer confirme une fois de plus son statut de laboratoire sonore où l’art rock rencontre l’expérimentation la plus audacieuse, le tout enveloppé dans une mise en scène live aussi théâtrale que méticuleuse. Enregistré dans un lieu chargé d’histoire — la Pacific Stock Exchange de San Francisco, un temple du capitalisme reconverti en temple du son — ce disque capture l’énergie brute d’un groupe qui a toujours oscillé entre chaos contrôlé et élégance désinvolte. La production, signée par Maynard James Keenan lui-même en collaboration avec Mat Mitchell, joue avec les espaces : les guitares de Carina Round et de Tim Commerford (oui, celui-là) s’étirent comme des ombres dans un couloir de néons, tandis que les percussions de Jeff Friedl martèlent le béton avec une précision presque militaire. Le résultat ? Un live qui sonne comme un album studio retravaillé à l’excès, une preuve que Puscifer ne se contente pas de performer — il reconstruit l’instant.

L’ouverture avec Thrust est un uppercut : un riff métallique, presque doom, qui s’effondre dans un groove industriel, le tout porté par la voix de Keenan, tantôt murmure conspirateur, tantôt rugissement de prophète en colère. Normal Isn’t, titre éponyme, déploie une mélancolie envoûtante, où les claviers de Mitchell dessinent des paysages sonores dignes de The Wall revisité par Trent Reznor. Mais c’est Bad Wolf qui vole la vedette : une descente aux enfers rythmique, où les basses de Commerford s’enroulent autour des beats électroniques comme une liane autour d’un arbre mort. Le public, invisible mais omniprésent, hurle à l’unisson, transformant la salle en une arène où l’art et la rébellion ne font qu’un.

Côté moins convaincant, The Quiet Parts et Mantastic peinent à trouver leur équilibre, oscillant entre ambiance planante et tentative de groove trop calculée. Pourtant, même dans ces moments, la virtuosité technique de l’ensemble sauve la mise : les changements de tempo sont si fluides qu’on en oublie presque qu’on écoute un live. Pendulum et Impetuous redonnent un second souffle à l’album, avec des structures qui se déploient comme des mécanismes d’horlogerie, chaque instrument jouant sa partition avec une précision diabolique. La conclusion, Seven One, est un chef-d’œuvre de tension : un crescendo où les voix s’entremêlent, les guitares hurlent, et le public, enfin, se tait, comme saisi par la puissance du moment.

Normal Isn’t (Live At The Pacific Stock Exchange) n’est pas un simple document live — c’est une expérience sensorielle, une preuve que Puscifer a transcendé le statut de projet parallèle pour devenir une entité artistique à part entière. Si certains passages manquent de la spontanéité brute des grands lives (à comparer avec A Perfect Circle Live: Featuring Stone, Ressler & Gilmour), l’ensemble reste une œuvre majeure pour les amateurs de rock expérimental qui cherchent bien plus qu’un concert : une immersion dans l’esprit d’une époque où la musique refuse de se laisser domestiquer.