Description
23/09/22
De l’ombre à lumière il n’y aurait, dit-on, qu’un pas… Qu’on ne
franchit pas impunément. Aussi aisément. Pas simple en effet
d’exhumer et de remettre en piste le furtif, le fugace, l’étincelle.
Sur une échelle de temps à remonter sciemment, patiemment.
Comme on compte à rebours.
Rebirth of Jazz, c’est un peu ça. C’est même essentiellement ça.
Un retour sur des artistes cultivant un lien viscéral avec une ville :
Lorient. C’est aussi un clin d’oeil au Caveau des Lorientais, ouvert
en 1946, dans le 5ème arrondissement de Paris. Dans ce SaintGermain-des-Prés florissant. L’endroit est propulsé par un couple
de Lorientais, amateurs effrénés de jazz, de sons d’enfer pour
soirées d’enfer.
C’est, littéralement, la toute première ‘Cave à Zazous’. Un club de
jazz pionnier et underground, qui joue les éclaireurs dans cette
France de l’immédiat après-guerre. Bonis Vian y trouve
l’ambiance n très très swing’. On s’y déhanche à volonté. On s’y
rince les oreilles à satiété. On y croise Juliette Gréco, Jean-Paul
Sartre ou Claude Luter et ses Lorientais. Durant deux ans, les
recettes du club sont reversées à la Ville de Lorient, détruite par
les bombardements de la Seconde guerre. Tout ça ne date pas
d’hier. Plutôt d’avant-hier.
Retour en 2022. Sans remonter aussi profondément dans le
temps, plonger dans le passé sonore lorientais, (inventif et
parfois intempestif), relevait à la fois de la bonne idée et de la
gageure. Il fallait pourtant, pour les tenaces artisans du label
Lorientais Rebirth of Wax, y aller les écoutilles bien ouvertes. Y
aller de front mais pas tête baissée. Opérer de savants détours,
afin de remettre en selle l’essentiel. Sans faire d’impair tout en
évitant les impasses.
Affaire rondement menée. Des pépites sont, peu à peu,
remontées à la surface du temps présent. En mode 33 tours, de la
face A à la B, Rebirth of Jazz, invite aujourd’hui à en faire le tour. A
vos platines !
Pierre Wadoux
