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Artiste: Roy Hargrove

Bern

Le prix initial était : 42,00€.Le prix actuel est : 39,00€. 39,00

LP

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UGS : bs-537592 Catégories : , , , Marque :

Date de disponibilité (sous réserve) : 19 avril 2026

Description

Roy Hargrove, ce virtuose du cornet à pistons dont le nom résonne comme une référence incontournable du jazz contemporain, frappe une nouvelle fois avec Bern (seam split), un album qui confirme son statut de maître des atmosphères à la fois intimes et expansives. Sorti en 2026 sur le label Time Traveler Recordings, ce vinyle 180 grammes n’est pas une simple réitération de son génie, mais une plongée vertigineuse dans des paysages sonores où le lyrisme de Hargrove se mêle à une production d’une précision chirurgicale. L’album, structuré en cinq mouvements d’une durée généreuse, est une méditation sur le temps, l’espace et la mémoire, où chaque note semble suspendue dans un équilibre fragile entre émotion brute et sophistication technique.

L’ouverture avec Stranded (16:23) est un chef-d’œuvre de tension et de résolution. Hargrove y déploie un solo de cornet d’une intensité presque cinématographique, soutenu par une rythmique implacable qui oscille entre groove hypnotique et ruptures soudaines. Le morceau, construit comme une narration, alterne entre des passages contemplatifs où le cornet murmure des mélodies envoûtantes, et des éclats de virtuosité où Hargrove semble défier les limites de son instrument. Le mixage, d’une clarté cristalline, met en valeur les nuances de son jeu, des souffles les plus doux aux attaques les plus percutantes, tandis que les contributions des autres musiciens — notamment le piano et la contrebasse — servent de toile de fond à une exploration audacieuse des dynamiques.

Depth (11:44), le deuxième titre, confirme cette maîtrise du contraste. Le morceau s’ouvre sur une ambiance presque mystique, avec des harmonies suspendues et des improvisations qui semblent flotter dans l’air. Hargrove y révèle une autre facette de son talent : sa capacité à créer des climats où le silence et le son s’entrelacent avec une élégance rare. Le titre Never Let Me Go (11:48) poursuit cette veine mélancolique, avec une mélodie envoûtante qui rappelle les grandes ballades de Miles Davis ou de Chet Baker, mais réinventée à travers le prisme d’un jazz contemporain où l’émotion prime sur la virtuosité gratuite. Le morceau Caryisms (10:32) et Circus (9:04) ferment l’album sur des notes plus rythmées, où l’énergie collective explose sans jamais sacrifier la subtilité. Circus, en particulier, est un tour de force où Hargrove et son quartet semblent jouer avec les limites du jazz, flirtant avec le funk et le post-bop sans jamais tomber dans le cliché.

Bern (seam split) est bien plus qu’un simple album de jazz : c’est une expérience sensorielle, une invitation à se perdre dans les méandres d’un univers sonore où chaque détail compte. La production, signée par Hargrove lui-même en collaboration avec des ingénieurs du son de premier plan, est d’une richesse rare, avec une spatialisation du son qui donne l’impression d’être plongé au cœur de l’action. Les vinyles 180 grammes, souvent réservés aux rééditions ou aux albums particulièrement ambitieux, trouvent ici une justification parfaite : la chaleur du vinyle, la profondeur des basses et la clarté des aigus en font un objet à la fois tactile et auditif, à l’image de la musique qu’il contient. Si Hargrove continue sur cette voie, il pourrait bien marquer l’histoire du jazz contemporain d’une empreinte indélébile.